Ghardaïa, une ville qui étouffe




La circulation routière est devenue intenable à Ghardaïa, et ce en raison d'un réseau routier qui n'arrive pas à contenir un parc automobile en constante extension.


Le chef-lieu de la wilaya de Ghardaïa s'étend sur près de 3 880 km² et dispose actuellement d'un réseau routier qui ne peut satisfaire les nouvelles exigences d'une population en croissance continue et d'un parc roulant impressionnant.


Il faut dire que le relief géographique de Ghardaïa s'avère trop exigu pour permettre la conception de nouveaux réseaux routiers redimensionnés en fonction des spécificités et des normes urbanistiques locales et ainsi que la configuration de la ville. Néanmoins, les sources de financement existent pour le maintien en bon état des tronçons existants.


On citera les fonds dont dispose la wilaya de Ghardaïa, à la faveur du placement de ses 13 communes, qui lui permettent d'accéder tant au plan de la relance économique qu'à celui du Sud.
Malheureusement, ces moyens de financement ne semblent pas dispatchés équitablement à travers les 13 communes, voire à travers les différents quartiers du chef-lieu, d'où un mécontentement au sein d'une population locale très exigeante. En effet, sur le terrain, seules les routes et les ruelles de certains quartiers sont bitumées.


A cela vient s'ajouter le phénomène de la circulation. La situation est intenable et la ville de Ghardaïa suffoque sous la pression de l'incessant flux de véhicules, de motocycles « de grosses cylindrées », de poids lourds, d'engins et autres transporteurs qui envahissent chaque jour le centre-ville. Le parc roulant de la wilaya de Ghardaïa compte 46 957 véhicules, majoritairement dans le seul chef-lieu de wilaya (17 500 véhicules), et chaque jour, Ghardaïa en accueille plus de 12 000 venant des treize communes qu'elle compte, en plus de ceux qui sont seulement de passage.


Le centre-ville est assailli tôt le matin par les automobilistes et motocyclistes. Il atteint à la mi-journée un seuil de saturation jamais connu et un flux quasi impossible à contrôler. Les conséquences qui en découlent sont très nombreuses. Les stationnements à double sens et double file, les stationnements interdits, même sur les trottoirs, deviennent une pratique établie. Le sens interdit se transforme dès lors en sens obligatoire pour certains conducteurs pressés à l'intelligence débordante pour contourner un bouchon.


Quant aux motocyclistes, qui sont à l'origine de très nombreux accidents, parfois mortels, ils s'adonnent à des slaloms à des dépassements dangereux et à des vitesses excessives, à gauche, quitte à empiéter sur la ligne jaune, et souvent à droite, question d'importuner les automobilistes.


Les lieux de stationnement ne sont pas tous règlementés, et la longue file des taxis, des bus et parfois même des poids lourds gêne considérablement les autres usagers et rend la visibilité nulle. Le fait le plus déplorable vient de ces engins roulants qu'on appelle communément, et de façon impropre, les « dumpers », qui devraient être envoyés à la casse vu leur état vétuste.


En plus de son habitacle à ciel ouvert, cette « quincaillerie », aux roues usées et sans éclairage, circule même la nuit, pollue l'environnement par des émanations de gaz brûlés à la moindre accélération. Bien que la police de la voie publique essaie de faire tant bien que mal son travail en s'occupant de certaines artères et de certains carrefours de la ville, le nombre impressionnant de véhicules, de motos et la forte densité de la circulation, particulièrement en période de trêve, est tel qu'il est impossible d'assurer une circulation fluide des véhicules.


Fatalement s'ensuivent percussions et télescopages aidés en cela par un parc vieillissant, des moteurs fumants, des pneus presque hors d'usage et un mécanisme de freinage souvent défectueux. Interrogé à ce sujet, le président de l'Association de prévention contre les accidents de la circulation,


M. Brahim Kraoua, nous a répondu : « Il faudrait montrer davantage de fermeté, de vigilance et songer surtout à instaurer un contrôle strict à l'intérieur de la ville, particulièrement vis-à-vis des motocyclistes.


Quant à l'APC, elle est tenue de s'adjuger un plan de charge de sensibilisation utile pour les usagers des véhicules et des motocyclistes, limitant ainsi ces incidents quotidiens qui provoquent des rixes et des accrochages à longueur de journées ».


A Ghardaïa, la situation en matière de conduite automobile est donc devenue infernale et dangereuse tant pour les conducteurs sages que pour les piétons, particulièrement pour les femmes et les enfants qui aimeraient traverser une chaussée. Il est vrai que la mise en place de nouveaux ralentisseurs (pas aux bons endroits, pour la plupart) est louable et opportune, mais la décision intervient après une hécatombe.


Devant cette situation comminatoire, que faut-il donc faire pour que les responsables locaux ressuscitent enfin le dossier inhérent au plan de circulation de la ville et crée de nouvelles routes carrossables ?


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