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Documents exclusifs. Le scandale Batenco ou la sinistre histoire du bradage des entreprises publiques en Algérie



Deux Belges et trois Algériens vont comparaître le 8 novembre prochain devant la Cour d’Appel de la ville d’Annaba,  après avoir écopé lors d’un précédent procès d’une peine d’emprisonnement ferme de 3 ans pour chacun des accusés. Ceux-ci devront répondre de plusieurs chefs d’inculpation liés au crime économique. Il s’agit d’un commissaire aux comptes ainsi que de trois administrateurs et le directeur général de l’entreprise Batenco-Est.

A Annaba, comme partout ailleurs en Algérie, certaines entreprises publiques font saliver les différents prédateurs. Mais les choses deviennent beaucoup plus dangereuses quand lesdits prédateurs sont des étrangers. C’est le cas de Batenco-Est et Batigec, deux filiales de Batimetal dont l’ancien PDG, Boudjemâa Talaï, dit Mabrouk, ancien ministre des Transports et actuellement député FLN, décida de se séparer.

La société anonyme belge, ETI Belgique, acheta les deux anciennes filiales de Batimetal (avant l’instauration de la règle 51/49). Les premières années furent très rentables, et même très lucratives. Du moins, c’est ce qu’affichait le bilan comptable de l’entreprise. En 2010, la société réalisa un chiffre d’affaires de plus de 218 milliards de centimes, engrangeant plus de 16,6 milliards de centimes de bénéfice net. Le DG de l’entreprise percevait un salaire mensuel dépassant 111 fois le SNMG, soit 200 millions de centimes par mois.

En 2011, l’entreprise décida de transférer les dividendes relatives à plusieurs années de résultats positifs vers la maison mère située en Belgique. Chose qui avait été faite sans grandes difficultés. Quelques mois plus tard, à la suite du limogeage du directeur général de l’entreprise et son remplacement par celui qui occupait le poste de directeur administratif, les scandales ont commencé à éclater.

Des gouffres financiers ont été découverts. La trésorerie de l’entreprise ne correspondait pas du tout aux différents bilans comptables annuels de la société. Cette dernière a dû faire appel à un cabinet d’audit privé pour démêler l’écheveau. Rien que pour l’exercice 2011, l’entreprise avait un déficit de plus de 62 milliards de centimes. Mais grâce à quelques acrobaties conjuguées à un petit tour de passe-passe, le déficit a pu être réduit à 25 milliards de centimes.

Entre-temps, l’entreprise devait procéder à un redressement pour éviter de mettre la clé sous le paillasson. Mais, malgré tous les efforts consentis, Batenco était à l’agonie. Le commissaire aux comptes a émis plusieurs réserves sur le bilan qui lui a été présenté, refusant de le certifier car le jugeant non-conforme, avait-il estimé. Puis les choses n’ont fait qu’empirer.

Un liquidateur a été désigné par la Cour pour entamer les procédures de liquidation de l’entreprise. Et ce fut le choc. L’entreprise avait plus de 500 milliards de centimes de dettes non-payées. Son créancier principal n’était autre que la banque publique BNA avec 310 milliards.

L’affaire est passée en justice, et le juge a condamné les cinq accusés, deux administrateurs belges, ainsi qu’un administrateur algérien, un commissaire aux comptes et un DG algériens. L’entreprise n’avait pas de quoi payer ses dettes et ne pouvait que déposer le bilan afin de déclarer faillite. Pourtant, celle-ci aurait repris les activités depuis 2016, nous assurent plusieurs sources sûres. Leur principal client n’est autre que le ministère de la Défense nationale pour le compte duquel ils ont réalisé le siège du commandement régional de la Gendarmerie nationale de Constantine, un centre d’instruction à Tébessa, les locaux du groupe d’intervention rapide à Réghaia ainsi que l’école des cadets de Batna…

Outre les chefs d’accusation pour lesquels les responsables de cette affaire seront rejugés, d’autres crimes auraient été commis par ces mêmes personnes. L’entreprise belge devait, selon le contrat signé lors de l’acquisition de Batenco, investir au moins 20 milliards de centimes au cours des deux premières années. Un objectif qui avait été atteint puisque l’entreprise avait acquis des équipements d’une valeur supérieure à 40 milliards, grâce à un prêt de la BNA. Le hic, c’était que le matériel a été acheté auprès d’une autre filiale du même groupe «ETI Belgique», ce qui est une infraction grave des dispositions d code du commerce. Selon nos investigations, le matériel était grandement surfacturé et plusieurs sources proches du dossier confirment ces soupçons. Cependant, l’infraction la plus dangereuse concerne le transfert frauduleux de devises vers la Belgique, sous forme de dividendes. Une opération qui avait été réalisée uniquement grâce aux manœuvres illégales ayant donné lieu à un bilan financier largement trafiqué.

La justice algérienne se montrera-t-elle aussi stricte que lors du premier procès ? Affaire à suivre …

 

Bendjama Mustapha


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