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Commémoration du nouvel an berbère

Alger-centre s’offre un voyage dans l’histoire



C’est un vrai voyage dans l’histoire qu’Alger-Centre a effectué hier, à l’occasion du nouvel an berbère. Sur l’axe Grande poste-Audin, fermé à la circulation depuis le matin, l’on a eu droit, jusqu’à tard dans l’après-midi, à des spectacles parfois à couper le souffle. Jeux, danses, musiques, barouds… En somme, une vraie fête. Mais aussi une vraie plongée dans le passé (aussi proche que lointain) de toute l’Algérie, voire de tout le Nord-africain. Ça a commencé par une danse symbolique de quatre marionnettes géantes, représentant les «cultures» kabyle, chaouie, mozabite et targuie, et ce, sous les airs de la zorna qui ont rempli le ciel d’Alger d’une joie féérique.
S’en est suivi après, des danses folkloriques qui ont beaucoup amusé les spectateurs, venus nombreux, assister aux festivités. Des troupes des quatre coins du pays ont retracé chacune, les traditions et le folklore de leurs régions respectives. Et c’était à une troupe mozabite à ouvrir le bal. Elle sera suivie d’une troupe de Sidi Bel-Abbès, puis une troupe kabyle, puis une autre targuie, puis une autre algéroise… Quatorze troupes en tout. Elles ont occupé pendant des heures, le vaste espace allant de la Grande Poste à la place Audin. Un mariage traditionnel, du temps où il n’y avait pas de voitures, a été également représenté, au moment où un clown tendait son micro à des enfants, qui souhaitaient Assegas ameggaz à tous les Algériens… Les couleurs étaient celles de mille printemps, et la joie – il y en a eu bien de la joie ! – était lisible sur tous les visages.

Un cachet national

Outre les troupes de danse, des spectacles représentant les diverses manières de fêter un mariage dans les quatre coins du pays ont été présentés. Les organisateurs qui – c’était clair – n’ont pas lésiné sur les moyens, n’ont mis aucune barrière à leur imagination. C’est à la hauteur de l’évènement, dira-t-on. Ils (les organisateurs) ont insisté, à travers les coutumes et les traditions retracées, à ce que les festivités aient une dimension nationale : des traditions venant de beaucoup de wilayas ont eu droit à un espace et à un temps. L’art culinaire lui aussi, a eu sa part d’honneur : des recettes de couscous venant de diverses régions de l’Algérie ont été exposées. L’on a goûté et – surtout – l’on a aimé. «C’est tellement délicieux !», lance une femme d’un certain âge, qui venait de déguster une cuillère de couscous à la sauce poulet. Danses, baroudes, jeux (escrime, jeux d’échecs, volley-ball, basket-ball…), se sont poursuivis des heures et des heures. Des expositions (robes, bijoux, poterie, tapis…) continuaient, quant à elles, à orner les bords de la grande rue. Puis… puis une guerrière, une grande guerrière : Lalla Fatma N’Soumer. Chevauchant un beau cheval blanc, elle a parcouru un bout d’Alger, arraché au présent et remis, le temps d’une journée, à l’histoire de la lutte contre le colonisateur français. C’était, à ne pas douter, l’un des moments les plus émouvants des festivités. L’autre moment (plus ou moins long, celui-là) est une sorte de pièce de théâtre intitulée Aguelid (les grands rois, en français) dont la «scène» allait de la Place Audin à la Grande Poste. Elle représente les grandes batailles que les amazighes ont eu à mener durant leur histoire. La dernière bataille à être représentée était celle où la Kahina a perdu la vie, et qui a signé la conversion des peuples nord-africains à l’islam. La pièce, mise en scène par Mustapha Laribi, a été jouée par 80 «guerriers» et 16 «rois». Grandiose, n’est-ce pas ? Chachnaq, le pharaon d’origine berbère, en a, lui aussi, fait partie.

Ecoles primaires, des plaques en tamazight

«Notre histoire a 20 million d’existence», déclare le P/APC d’Alger, Abdelhakim Bettache, à pied d’œuvre et décidé à réussir l’évènement. Et d’ajouter : «Une histoire que nous ne pouvons pas retracer en une journée. Mais le but principal est de valoriser l’histoire amazighe, et de la léguer convenablement aux générations futures. C’est avant tout un grand rappel. Et ça ne sera pas le dernier». Pour être un rappel, la parade d’hier l’a été, on ne peut mieux ! Cette commémoration a été également une occasion, pour les dirigeants de la commune d’Alger-Centre, de donner plus de visibilité à la langue amazighe. Et c’est aux écoles primaires que l’entreprise a commencé : «Les plaques portant les appellations des écoles seront toutes en deux langues : tamazight et l’arabe. Nous avons déjà commencé à le faire. Il faut voir à quel point c’est beau !», nous déclare le P/APC, à la fois fier et content. Quant à l’inauguration de la statue de Massinissa, elle a été, pour des raisons techniques, reportée à une date ultérieure. Toujours selon M. Bettache, dans vingt jours, au plus un mois, les visiteurs auront le plaisir d’admirer la statue de cet illustre roi berbère. «Le report est dû au souci de trouver une emplacement digne du personnage», nous assure Abdelhakim Bettache. Après le spectacle qu’il nous a donné à voir hier, ce retard (à l’algérienne) peut bien lui être pardonné. Pourvu que ça devienne une tradition, et que ça sorte davantage du cadre folklorique…

Hamid Fekhart


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