Déclarations fracassantes des responsables du RND.. Retournement de veste ou prise de conscience ?



Maintenant que la parole est libérée, les langues se délient et les aveux sont, le moins qu’on puisse dire, renversants. En effet, anciens ministres, membres influents dans les partis de l’Alliance (FLN et RND) et autres personnalités n’ayant pas hésité une seconde à apporter leur soutien à la candidature de Bouteflika pour un nouveau mandat, adoptent un nouveau discours.
Les dernières déclarations en date sont les révélations fracassantes du porte-parole du RND, Seddik Chihab, lors de son passage sur la chaîne de télévision El Bilad TV, et qui ont suscité moult interrogations. S’agit-il d’un retournement de veste, d’un revirement de situation ou de positions sincères, ou tente-t-il de surfer sur la vague du mouvement populaire ? Seddik Chihab, qui n’a pas hésité à jeter un pavé dans la mare en déclarant que «la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un nouveau mandat a été une grave erreur», est allé plus loin en révélant que «l’Algérie a été gérée, durant les six dernières années, par des forces non constitutionnelles». A première vue, on croirait que le RND tente de se racheter devant un peuple qui ne décolère pas. «Nous avons commis une erreur en annonçant la candidature du Président pour un autre mandat, et cela a été un manque de clairvoyance de notre part», a lâché Chihab.
Qualifiant cette décision d’«aventure», il a affirmé que les militants et cadres de son parti n’avaient pas la force d’exprimer ce qu’ils ressentaient vraiment à ce sujet. Et d’avouer qu’il n’était pas «sage» de présenter la candidature du Président pour un cinquième mandat dans l’état où il était, expliquant que le discours du parti sur cette question était loin d’être convaincant. Selon lui, toutes les déclarations de son chef, Ahmed Ouyahia, sur ce sujet, étaient dictées par la conjoncture. Pis encore, le RND semble plutôt vouloir se repositionner en prévision de l’après-Bouteflika et de s’adapter à toutes les situations.
C’est peut-être la raison pour laquelle le parti d’Ouyahia a décidé de jouer les opposants, maintenant qu’il sait que sa carrière politique est pratiquement finie. «L’Algérie a été dirigée par des forces non structurées et anticonstitutionnelles durant au moins ces cinq, six ou sept dernières années», a affirmé le bras droit d’Ouyahia. «Ces forces sont gênées par la présence des partis politiques, de l’opposition et du pouvoir, elles ont même infiltré le mouvement populaire. Pensez-vous qu’il soit possible de faire la démocratie sans les partis ?», a-t-il poursuivi. Avant lui, c’est Ouyahia en personne qui y est allé de son avis sur la crise actuelle, estimant qu’il «faut répondre dans les plus brefs délais aux revendications des manifestants». Ceci ne peut être perçu que comme le signe d’un déchirement irréversible entre les différentes factions du pouvoir.

Belkacem Mellah accuse Ouyahia
Les déclarations de Belkacem Mellah, membre fondateur du RND, ne sont pas également passées inaperçues. De passage à TSA, Mellah a estimé qu’il aurait été plus utile qu’Ouyahia se prononce de cette manière sur le mouvement populaire lorsqu’il était encore Premier ministre. Mellah, faisait référence au message du chef du RND appelant le pouvoir à répondre aux exigences du peuple dans les plus brefs délais. «Ouyahia avait le pouvoir de prendre des décisions. Je l’aurais salué s’il avait déclaré qu’il avait commis des erreurs et qu’il quittait le gouvernement pour rejoindre le mouvement populaire. Ouyahia a servi l’État pendant vingt-cinq ans, c’est l’âge de la génération qui est dans la rue. Les partis comme le FLN et le RND se sont renfermés sur eux-mêmes. Les mêmes têtes tournent à l’APN, au Sénat et ailleurs», a-t-il noté.
Moad Bouchareb, coordinateur de l’instance dirigeante du FLN, a mis également de son grain de sel, en affirmant que son parti se joint au mouvement populaire que connaît le pays, lors d’une réunion des mouhafedhs à l’hôtel Mouflon d’Or à Ben Aknoun. Il est même allé jusqu’à accuser Ahmed Ouyahia, président du RND, d’être derrière la crise de l’Algérie. «Le FLN n’a aucune responsabilité dans la situation actuelle, c’est Ahmed Ouyahia qui a géré pendant des années et a tout monopolisé», s’est-il défendu. «Le FLN est le parti majoritaire, mais ce n’est pas lui qui a conduit l’exécutif qui a aujourd’hui échoué dans sa gestion», a accusé encore Moad Bouchareb. Hocine Khaldoun, le porte-parole du parti FLN, avait ce samedi 16 mars appelé «à l’impératif d’un retour du FLN auprès du peuple et sa solidarité avec lui parce que le FLN est avant tout issu du peuple».
Fella Hamici


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