Enquête exclusive. Equipements de sécurité aérienne

Un récent marché de plus de 6 millions d’euros géré dans l’opacité totale en Algérie



L’Instrument Landing System (ILS) ou Système d’atterrissage aux instruments est le moyen de radio-navigation le plus précis utilisé pour l’atterrissage des avions au niveau des aéronefs et des aéroports à travers le monde. L’ILS (Instrument Landing System) est ainsi un système d’aide à l’atterrissage aux instruments utilisé sur tous les aéroports du monde grâce à un guidage latéral (dans l’axe de la piste) et vertical (sur le plan de descente de la procédure). Il permet aux avions de se poser en toute sécurité et par tous les temps. Cette aide radioélectrique émet dans la gamme des ondes VHF. Il donne ainsi aux pilotes une information en site (glide path : radiophare d’alignement de descente) et en direction (localizer : radiophare d’alignement de piste).

En Algérie, L’ENNA (Etablissement National de la Navigation Aérienne) a procédé à l’acquisition auprès d’INDRA, un fournisseur Espagnol, de vingt ILS systèmes d’atterrissage aux instruments BI Fréquences avec à la clé des formations  pour le personnel technique en charge de la gestion de ces équipements pointus.

L’objectif de ce marché était de doter certains aéroports du nord et du sud du pays à travers le territoire national en équipements modernes et de remplacer les ILS vétustes et d’augmenter ainsi la précision  d’atterrissage.

 

 

Il faut savoir à ce propos qu’il existe deux types d’ILS à savoir les ILS Mono Fréquence, utilisé généralement au niveau des aérodromes ne présentant pas d’obstacle sites dégagés et les ILS Bi Fréquences utilisés au niveau des aérodromes localisés au niveau des sites présentant des obstacles de différentes nature, ces derniers permettent (Bi Fréquences) d’obtenir une plus grande précision d’atterrissage CAT 3 A ,B ou C, pour reprendre le jargon des spécialistes de ce secteur.

Cette catégorie permet aux pilotes de faire une approche et un atterrissage jusqu’au toucher de roue et au roulage avec une visibilité totalement nulle et ce moyennant certaines conditions, à titre d’exemple, présence d’un balisage  axial etc…

Les catégories des ILS sont en nombre de trois (03) à savoir, Catégorie 1 la moins précise elle permet au pilote  une approche à une certaine hauteur et distance à partir de laquelle le pilote doit avoir la piste en visuel pour effectuer son atterrissage. Dans le cas contraire il ne peut atterrir, par exemple en présence de brouillard, puis nous avons la  catégorie 2 plus précise que la première catégorie et enfin la catégorie 3 A, B ou C, la catégorie la plus précise de toutes.

Malheureusement, force est de constater que la majeure partie des équipements  installés par l’ENNA au niveau de nos aéroports n’ont pas donnés les résultats escomptés à savoir CAT3 ou CAT 2. La majorité de ces ILS sont à la CAT1 et ce malgré l’étude réalisée préalablement par le fournisseur Espagnol INDRA au niveau de certains sites sensibles et importants pour l’obtention de la catégorie 3.

Nous reproduisons dans notre enquête des documents techniques qui appuient le bien-fondé de nos investigations. Ces documents sont des cartes de la société JEPPSENS Jeppesen, une entreprise américaine fondée, maintenant filiale de Boeing, spécialisée dans les cartes, données et systèmes de navigation aéronautiques. Il faut noter à ce propos que les cartes Jeppesen sont extrêmement populaires parmi les pilotes car elles présentent de façon harmonisée au niveau mondial des données qui sont disponibles dans chaque pays, fournies par les administrations locales, de façon hétérogène. On les surnomme les « Jepp ». Elles comportent les cartes en route, les cartes d’approche et d’aérodrome ainsi que d’autres données utiles à la préparation puis à la conduite du vol ainsi qu’à l’escale.

S’appuyant sur ces documents, nous avons constaté au cours de nos investigations que  certain anciens ILS, qualifiés par l’ENNA de vétustes, étaient de meilleure performance  cat 2 que ceux nouvellement installés, des BI Fréquences censés produire de meilleurs performances. Des experts qui connaissent les dessous de ce dossiers ont confié à Algérie Part que les équipements, far field monitor (FFM), acquis pour la réalisation de la catégorie 3e ne sont pas en réalité nécessaires puisque les ILS cat 2 et cat 1 ne nécessitent pas d’équipements FFM.

Il faut savoir qu’un aéroport d’envergure international  doté d’ILS CAT3 encourage  les compagnies aériennes à effectuer leurs dessertes même en périodes de mauvais temps  (mauvaise visibilité). Cela ramène plus d’entrées de devises pour l’Algérie. Tout ceci démontre la mauvaise gestion des  responsables des l’ENNA qui ne gèrent pas sainement les deniers de l’Etat alors que le montant dépensé pour le projet des ILS est Six millions quatre vingt quinze mille trois cent soixante huit Euros (6 095 368,00 €). 

Algérie Part poursuit ses investigations dans ce dossier et publiera prochainement de nouvelles révélations. 

 

 


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