13e mardi de mobilisation

Les étudiants violemment réprimés



Le 13e mardi de manifestation des étudiants à Alger a connu plusieurs scènes de violence et de répression pratiquées par les forces de l'ordre contre les étudiants qui sont sortis revendiquer, pour la énième fois, le départ des symboles du régime contesté.

Une répression qui a galvanisé les marcheurs, qui étaient déjà décidés manifester en force suite à la sortie médiatique du chef d'état-major Ahmed Gaid Salah lundi, où il a réitéré depuis la 4e Région militaire une sortie de crise exclusivement dans le cadre de la Constitution, ainsi que le maintien des élections du 4 juillet. Il était 10 heures quand une centaine d'étudiants se sont donné rendez-vous, comme à l'accoutumée, devant la faculté centrale en attendant l'arrivée de leurs camarades. Malgré la période des examens, la chaleur et le jeûne, la foule s'amplifiait progressivement. Le point de départ rituel de ces marcheurs est indiscutablement la fac centrale, mais le reste de l'itinéraire va être improvisé en fonction des rues accessibles, d'autant que l'arsenal sécuritaire déployé à travers les grandes artères de la capitale rend la marche quasi impossible. Quelques instants après, la marée humaine s'est dirigée vers la rue Pasteur et comme unique issue, dévale la rue du 19-mai-1956 pour gagner la rue du Dr Saâdane.

On nous informe sur place que les protestataires vont passer devant le siège de l'ex-HIISE, et tenter d'atteindre le palais du Gouvernement. Profitant de l'accessibilité de ce boulevard, les foules couraient, sautaient, et criaient : « makanche intikhabate ya el3issabet » (pas d'élections, bandes mafieuses,) jusqu'au cordon sécuritaire dressé devant la salle Ibn Khaldoun. Après plusieurs bousculades, les marcheurs ont pu le forcer et continuer à monter vers le palais du Gouvernement. A quelques mètres des escaliers mécaniques du palais, le dispositif sécuritaire était visiblement très renforcé et du coup infranchissable. Un double cordon de fourgons de la police et des agents des forces anti-émeutes. Les manifestants scandaient à tue-tête une multitude de slogans, en s'adressant tantôt aux policiers qui barraient le passage au Palais et tantôt en direction de cette institution de l'Etat, dont les employés sont sortis observer ces foules impressionnantes et qui ne laissaient pas indifférent. On entendait entre autres « Massira toulabya machi irhabia » (une marche estudiantine, pas terroriste), « halou lbibane, khalou taleb ybane » (ouvrez les portes, laissez l'étudiant se manifester), « Klitou labled yasserakine » (vous avez dévoré le pays, bande des voleurs) …

Gaz lacrymogène et coups de matraque

La pression maintenue par ces jeunes fervents et résolus à avancer jusqu'à l'entrée principale du palais devenait insoutenable pour les forces de l'ordre. Le bras de fer durcissait entre les étudiants et la police, qui a vite commencé à utiliser le gaz lacrymogène et les coups de bâton, sans épargner vieilles femmes, jeunes filles ou encore journalistes. On tente de faire reculer les manifestantss. Odieusement gazés et violemment matraqués, les marcheurs étaient contraints de faire marche arrière, les fourgons de la police avançaient en descendant progressivement. Plusieurs cas d'évanouissement évacués par les secouristes, les gens en difficulté de respirer toussaient et s'aspergeaient d'eau et de vinaigre. A défaut d'accès, ils rejoignaient la faculté centrale et décidaient de faire le tour en passant par la rue Khemisti vers le boulevard Colonel Amirouche, puis la rue Ferroukhi pour regagner la place Audin, et la boucle est bouclée lorsque la foule s'est rassemblée devant l'édifice de la Grande Poste, encerclé. Sur cette treizième marche de la communauté universitaire, Adem, doctorant en sciences politiques, nous a indiqué : « La manif d'aujourd'hui vise les institution politiques. Après une petit sondage

d'opinion entre étudiants, nous avons opté pour le siège de la défunte instance de surveillance des élections, la HIISE, et le palais du Gouvernement en vue de dénoncer encore une fois l'illégitimité de ce gouvernement, et réitérer notre refus du scrutin prévu le 4 juillet. » Scandalisé par la réaction violente des agents de l'ordre, notre interlocuteur s'est dit étonné, d'autant que les manifestants sont pacifiques et leurs revendications légitimes. Il fait constater à ce propos : « C'est une contradiction flagrante entre la sacralisation de la Constitution quand il s'agit de la solution à la crise politique, et la violation du même texte fondamental pour ce qui est de droit du citoyen à manifester. » Quant à Raida, doctorante en sciences vétérinaires, « du moment où les personnes contestées sont toujours au pouvoir, les élections du 4 juillet n'auront pas lieu, nous n'allons pas voter. » « Et ce jour-là, il va y avoir une manifestation, le peuple sera dans la rue, car au départ, il est sorti pour sa dignité et pour récupérer l'Algérie », nous dit-elle.

C'est dire que la détermination de ces jeunes reste intacte et de plus en plus affichée, en adoptant leurs slogans, le tout dernier dit « Yatnahaw dra3 », au lieu du fameux « yatnahaw ga3 ».


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