Présentation de l’ouvrage Philosophie et civilisation…



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L’ouvrage Philosophie et civilisation, considération sur l’idée d’Occident, (L’Harmattan 2019) de Mohamed Moulfi, a été présenté samedi par son auteur à l’ouverture des Journées scientifiques organisées sous l’intitulé «Sciences et méthodes, un dialogue pour vivre ensemble» par le laboratoire LSSMP (systèmes méthodes et pratiques) dépendant de l’université Oran II.

Le laboratoire est dirigé par Derras Chahrazed qui a présenté les grandes lignes de la manifestation étalée sur 6 jours et devant traiter de plusieurs sujets, une par jour, ayant trait au développement scientifique et des connaissances actuelles.

Un aspect formation caractérise cet évènement qui ambitionne de participer au débat sur «la définition de nouvelles politiques et la détermination du rôle des sciences et de la recherche scientifique dans la concrétisation des notions de dialogue et du vivre ensemble.»

En proposant une réflexion sur «l’idée d’Occident», sous-entendant également une analyse du rapport à l’autre, l’ouvrage, d’autant plus qu’il est produit par un Algérien, supposé être d’une certaine manière un «non occidental», s’inscrit dans cette thématique.

Souarit Benamer qui a présenté l’auteur a retenu l’investissement de celui-ci dans la «bonne pédagogie» et salue l’avènement de cette «œuvre des idées». Mohamed Moulfi rappelle que son livre est l’aboutissement de cet enseignement, ponctué par l’ouverture en 2001 d’un magistère sous l’intitulé «Philosophie et civilisation» et qui s’est poursuivi avec le souci permanent de la recherche et du débat autour de ce qui se fait ailleurs dans le monde.

Les origines de la construction de l’idée même d’Occident, d’abord intimement liée à l’Europe et ses mythes fondateurs, les notions de culture, de civilisation, de progrès, de modernité, de droit, etc., et leurs interactions ou leurs évolutions sont remises à l’ordre du jour à la lumière des réflexions d’un nombre de philosophes ou penseurs anciens ou contemporains.

Kant, Hegel, Marx, Husserl, Heidegger, Deleuze, Derrida, Guattari, Foucault mais aussi, Condorcet (sur l’esprit humain), Pierre Legendre (textes marginaux de Freud), Hannah Arendt (sur «le droit au droit, celui-ci étant toujours en retard par rapport à la société») et bien d’autres sont évoqués méthodiquement dans l’intervention de l’auteur qui s’appuie également sur ceux qui ont théorisé le malaise de la civilisation et formulé des critiques internes, des diagnostics pessimistes allant jusqu’à considérer que «l’Occident a atteint son apogée et que le temps est venu de changer de civilisation».

L’ouvrage d’Edgar Morin, Europe, requiem pour une civilisation et celui de Michel Onfray, Décadence, vie et mort du judéo-christianisme en sont les exemples les plus significatifs. Au passage, l’intervention à l’ONU de l’ancien président algérien Houari Boumediene, à l’époque du non-alignement, proposant des idées directrices d’un ordre mondial nouveau, a été évoquée pour appuyer cette idée de refonte des pratiques et donc des concepts.

Mais, dans sa réflexion, Mohamed Moulfi dit ne pas suivre les critiques internes formulées par les Occidentaux eux-mêmes. Il part du principe que l’Occident n’est pas aussi loin de l’Orient comme on a tendance à le croire ou en se limitant à certaines représentations (exotisme, émerveillement) et que l’Orient est aussi une construction (exemple des thèses sur l’occupation de l’Inde par les Anglais) qu’il faut revisiter.

Il prévient des «pensées symétriques», c’est-à-dire celles qui consistent à penser uniquement en fonction de ce que l’autre pense. Une manière d’encourager la pensée autonome, affranchie des facteurs sclérosants qui l’empêchent de s’affirmer. «Certaines valeurs de l’Occident doivent nous appartenir, mais doit-on se les approprier ou non ? Je n’en sais rien», s’interroge-t-il en estimant par ailleurs que les études post-coloniales sont à revisiter au même titre que les travaux d’Edward Saïd sur l’orientalisme, toujours enseignés, notamment aux Etats-Unis et dont, selon lui, l’autorité bloque en quelque sorte les réflexions nouvelles. «Il faut les reprendre pour aller au-delà de ce qu’il a laissé comme thèses», suggère-t-il.

Il conclut en paraphrasant Platon, pour qui «tout ce que les Grecs ont reçu des barbares, ils l’ont transformé en fleurs».              


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