Un plaidoyer pour une thérapie moderne et une approche pharmaco-économique



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Jamais une journée de formation médicale n’a autant posé les jalons d’un véritable espoir pour la lutte contre cette maladie endémique qu’est le diabète. Organisée par la direction de la santé et de la population de Boumerdès, cette rencontre s’est distinguée par la maîtrise dans l’ordre de programmation des interventions et, surtout, par la qualité et le niveau des exposés.

Une étude menée depuis 2011 dans 11 wilayas et ayant touché 20 000 patients a fait ressortir que sur 80 patients minimum, les praticiens sont arrivés à recenser 7,7% de personnes atteintes du HBA type 1 qui se répartissent en 62,2% pour les femmes et 37,8% pour les hommes avec une concentration autour des sexagénaires. Les cliniques mobiles ont, à elles seules, détecté 45 000 cas dans la population diabète non connue.

En pourcentage, ce sont 13% de diabète détecté. Le Dr Salah Mansour, du CHU Nedir de Tizi Ouzou et enseignant à la faculté de médecine Mouloud Mammeri, a fait le constat d’un paradoxe entre l’attente du traitement et sa réalité. Il a relevé que la région Mena (Maghreb et Moyen-Orient) enregistre 39 millions de diabétiques avec 3 millions de décès. Le drame est que ces chiffres connaîtront une hausse vertigineuse de 110% dans la prochaine décennie.

De plus, des complications micro-vasculaires et macro-vasculaires suivront irrémédiablement la même courbe. Selon son approche inédite, «le diabète fait suite à un syndrome antérieur.» L’originalité de cette approche consiste à prendre la cause du diabète, ce syndrome indétectable auparavant, dès le diagnostic du diabète.

Pour cela, une thérapie innovante existe. Il faut donc substituer ce traitement moderne à la prise en charge classique à base d’insuline. Toutefois, il y a l’aspect financier et, notamment, l’obligation d’une décision politique pour investir dans ce créneau qui, à moyen terme, engendrera certainement une meilleure efficacité dans le traitement et dans son coût.

Collatéralement, il empêchera ou diminuera les autres maladies micro-vasculaires et macro-vasculaires, comme la cécité et l’HTA. D’ailleurs, «des pays occidentaux font obligation aux laboratoires de faire des études de sécurité que l’anti-diabète ne provoque pas des maladies cardio-vasculaires», souligne le Pr Mansour.

A l’opposé, il y a ce terrible constat : 95% des diabétiques ne sont pas efficacement traités par les médicaments classiques. Alors, une question s’impose : qu’attendent les pouvoirs publics algériens pour adopter les médicaments innovants qui, du même coup, assurent un minimum, voire plus, de protection contre ces maladies ?

La pharmaco-économie à la rescousse

Certes, il y a l’aspect financier. Le Dr Sellam, de l’Institut Pasteur d’Alger, a décortiqué ce volet à travers son exposé, déjà présenté aux Etats-Unis, en se penchant sur les surcoûts du Basal-Bolus évités grâce au Liraglutide (médicament innovant).

546 millions de dinars à plus de 1,28 milliard de dinars dès la première année de remboursement avec en prime de la lutte contre le diabète une réduction de la progression des lésions rénales, du poids, de morbidité et de la mortalité cardio-vasculaire au lieu des 40 000 DA dépensés présentement pour un patient par an ; soit 14% de moins pour les dépenses directes et 86% des coûts pour les complications.

On pourra passer à une prise en charge se chiffrant entre 45 000 DA et 60 000 DA par trimestre pour le diabète de type 2 sous antidiabétiques oraux + insulines à un traitement Liraglutide ajouté aux antidiabétiques s’élevant à 37 595 DA par trimestre.

En fait, cet exemple illustre tout l’intérêt d’une approche pharmaco-économique complémentaire de l’approche innovante du Pr Mansour : «Un financement des médicaments et des schémas thérapeutiques qui allient coût et efficience économique démontrée, une meilleure qualité de vie des patients, une meilleure gestion des budgets pour les payeurs.»

Quand on sait que l’Algérie a dépensé plus de 51 milliards de dinars pour la prise en charge du diabète en 2017 avec une augmentation de 11,5% par rapport à 2016, il y a lieu de s’interroger sérieusement sur ses capacités à faire face à des dépenses crescendo, surtout au vu de ses difficultés financières actuelles. Une solution s’offre avec la complémentarité thérapie moderne et approche pharmaco-économique. Nos responsables sauront-ils la saisir ? Rien n’est moins sûr quand on connaît le poids du lobby des laboratoires pharmaceutiques…


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