France

Titres de séjour et visas en hausse pour les Algériens



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Une trentaine de milliers d’Algériens ont bénéficié d’un premier titre de séjour en France en 2023 alors que plus de deux milliers ont fait l’objet d’une mesure d’éloignement, selon les chiffres officiels annoncés ce jeudi . Ces indicateurs figurent dans le rapport annuel sur l’immigration rendu public par le ministère français de l’Intérieur.

Les préfectures de l’Hexagone ont délivré exactement 32 180 premiers titres de séjour aux Algériens contre 29 271 en 2022, soit une hausse — substantielle par rapport à la moyenne — de 9,9%. Ce chiffre n’est, pour l’heure, qu’une première estimation.

En raison des délais entre la date de dépôt d’une demande et la date de délivrance du titre de séjour, « certains titres de séjours » délivrés en 2023 « ne sont pas encore enregistrés dans la base de gestion nationale des titres de séjour », expliquent les services du ministère de l’Intérieur. Ils seront comptabilisés dans le rapport d’étape de juin 2024 et les chiffres définitifs meubleront le rapport 2024 qui sera présenté en janvier 2024.

Dans la nomenclature des titres de séjour de l’administration préfectorale française, l’appellation ‘’premiers titres de séjour’’ fait référence aux documents attribués aux étrangers majeurs en réponse à une « première demande de séjour ».

Les 32 180 sésames octroyés ne prennent pas en considération les renouvellements de titres, y compris les documents validant un changement de statut. Exemple parmi d’autres cas, un ressortissant algérien admis au séjour en France au moyen d’une carte se séjour ‘’étudiant’’ qui a obtenu un statut ‘’salarié’’ ne figure pas au rang des 32 180 nouveaux résidents.

En 2023, la France a délivré aux ressortissants de pays tiers (RPT ou hors-Union Européenne) 323 260 premiers titres de séjour contre 316 174 en 2022, un volume en hausse de 1,4%. Les étudiants se taillent la part du lui : 103 520 titres leur ont été attribué, soit le tiers de la dotation. Mise en œuvre du Brexit oblige, les Britanniques sont considérés comme faisant t partie des ressortissants de pays tiers (RPT).

Depuis le 1er octobre 2021, leur séjour sur le territoire français est soumise à l’obligation d’un titre de séjour. Les sésames qui leur ont été délivrés ne sont pas comptabilisés parmi les 323 260.

Tendance déjà observée dans les rapports antérieurs, les ressortissants des pays du Maghreb sont « toujours de loin les plus nombreux » parmi les attributaires d’un premier titre de séjour. En 2023, « près de trois nouveaux titres sur dix » leur sont été attribués, relèvent les rédacteurs du rapport annuel sur l’immigration.

Plus de 2500 algériens expulsés en 2023
Durant les douze mois de l’année dernière — et en attendant les chiffres définitifs —, les préfectures françaises (DOM-TOM compris) ont délivré 36 340 titres aux Marocains et 22 400 aux Tunisiens. La proportion des sésames délivrés aux premiers est en baisse de 7,4% alors que celle attribuée aux seconds enregistre une hausse de 2,5%.

Dans le registre des éloignements, 2 562 Algériens ont fait l’objet d’une mesure d’expulsion du territoire français en 2023.

Il s’agit de personnes en « situation irrégulière » du point de la vue de la législation française qui régit l’entrée et le séjour sur le territoire hexagonal. Par « éloignement », les services du ministère de l’Intérieur et les rédacteurs du rapport sur l’immigration désignent les « éloignés forcés », les « éloignés aidés » et les « éloignés spontanés ».

Le premier cas d’éloignement est une «mesure par contrainte », le second cas « sans contrainte grâce à une aide au retour » alors que le troisième cas se fait sans contrainte et sans aide au retour. Aucune précision n’a été donnée sur la manière dont les 2 562 Algériens ont été éloignés.

Le chiffre d’éloignement des Algériens est en hausse de 36,6% par rapport à 2022 (1876 éloignés). En 2021, la proportion d’Algériens éloignés du territoire français s’est élevée à 2352.

Le rapport évoque un chiffre global de 17 000 éloignements, en hausse de 10%. Les Algériens émargent au premier rang du tableau des éloignements exécutés en 2023, loin devant les Géorgiens (1 642), les Albanais (1439), les Marocains (1104), les Roumains (1026), les Tunisiens (887).

Les Algériens éloignés en 2023 « dépassent leur niveau de 2019, en lien avec le resserrement de la coopération consulaire entre la France et l’Algérie qui se traduit notamment par une hausse sensible des retours forcés », expliquent les rédacteurs du rapport sans préciser le volume des éloignements forcés et les éloignements contraints.

Autre indicateur qui alimente le rapport, le volume de visas d’entrée sur le territoire français. Estimation provisoire en attendant les chiffres consolidés et officiels, 209 723 visas ont été attribués aux Algériens entre janvier et décembre 2023 contre 131 264 en 2022.

Le taux des sésames délivrés par les trois consulats généraux de France (Alger, Oran et Annaba/Constantine) au bénéfice des Algériens a bondi de 59,8% par rapport à l’année antérieure. En 2019, le nombre de visas accordés aux Algériens s’est établi à hauteur de 274 421.

Effets collatéraux de la crise sanitaire et de la fermeture des frontières et des services consulaires, le rapport ne fournit aucun indicateur sur les années 2020 et 2021. Le rapport ne communique pas non plus sur le nombre de demandes de visas introduites par les Algériens et le nombre de refus.

Aucune indication n’est par ailleurs donnée sur la nombre de visas par catégories (court et long séjour et le visa portant mention ‘’passeport talent’’).

 


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