Quand Ali Benhadj fait mine d’épouser la démocratie devant les Britanniques



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Par Mohamed K. – On reconnaît plus l’ancien bouillant numéro deux du FIS. Les temps changeant et la méthode forte n’apportant rien, Ali Benhadj a paru plus démocrate que les concepteurs mêmes de ce mode de gouvernance, dans son court entretien avec la chaîne britannique BBC qui l’interrogeait sur ses «nouveaux» penchants politiques. A la question «vous étiez un dirigeant islamiste qui rejetiez la démocratie, comment se fait-il que vous vous asseyiez aujourd’hui avec des laïcs, avez-vous dévié de vos principes ?», il répond : «Les gens sont libres de commenter cette visite, qu’ils soient de gauche ou de droite. Tout projet de quelque obédience qu’il soit est censé être présent sur la scène politique», a-t-il dit.

On est loin de la démocratie impie et de l’aller sans retour qu’il promettait durant les législatives de décembre 1991, en assurant que la charia allait être instaurée et que le califat allait remplacer l’urne. Invité à définir la démocratie, selon sa perception, le nervi du FIS auquel deux membres du FFS ont rendu visite récemment, soulevant un tollé général parmi les démocrates sincères, Ali Benhadj a tourné autour du pot pour ne pas se déjuger et contredire ses sermons extrémistes. «La démocratie, a-t-il argué, est en réalité un système politique, et ce système politique est conçu par les humains et est source de divergences depuis Platon jusqu’à nos jours, si bien que certains, comme Churchill, chez vous en Grande-Bretagne, ont dit qu’il était le moins mauvais parmi ceux qui existent. C’est donc un débat d’idées.» (sic)

Et d’encenser «la liberté d’expression et la liberté de pensée» qui «nous dictent de dire ce que nous pensons de tout système politique», avant de revenir à la source : «Mais nous avons notre projet islamique et il n’y a pas de dictature, de despotisme, ni de théocratie dans l’islam. L’islam permet la liberté de choisir le dirigeant et donne toute latitude au peuple de l’évincer en cas de nécessité politique», admettant ainsi que le mode de gouvernance qu’il défend est bel et bien un «islam politique» et que la religion est ainsi détournée pour parvenir au pouvoir, à cette différence près que la méthode et le discours sont atténués. Ali Benhadj s’inspire largement de la stratégie des Frères musulmans.

Mais, incapable de se démarquer de ses réflexes violents, les atavismes remontent à la surface et trahissent l’hypocrisie de celui qui a troqué la Kalachnikov qu’il voulait prendre pour renverser le pouvoir au début des années 1990 contre une rhétorique modérée. Son but ? Rejouer un rôle dans le futur en se faisant aider par ses alliés de Sant’Egidio. Il ne le dit pas, mais le laisse entendre : «Je continuerai à revendiquer mon droit [car] le FIS n’était plus un parti, mais un choix populaire.»

N. D.


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