Des équipes médicales font face au Covid-19 à el Kettar et Boufarik

Courage et dévouement



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Le personnel médical et paramédical en nombre réduit fait face depuis quelques semaines à l’épidémie du Covid-19, notamment dans les services d’infectiologie à travers les différentes wilayas du pays et particulièrement à Boufarik depuis le mois de février dernier, seul service d’infectiologie dans la wilaya de Blida, et l’hôpital El Kettar à Alger.

En première ligne dans cette lutte acharnée contre les maladies infectieuses de tout temps, du VIH sida, à la rougeole en passant par le choléra et actuellement au Covid-19, une infection qui n’a pas encore livré tous ses secrets, ces équipes constituées majoritairement de femmes affichent une volonté de fer et leur dévouement à aider les patients atteints du Covid-19.

Quelques témoignages de ces femmes – mère de famille, épouse, jeune et moins jeune – qui ont accepté de continuer à travailler au péril de leur vie, sont émouvants et parfois déchirants. Elles ont bien voulu nous relater leur quotidien au téléphone à notre demande après qu’elles nous aient déconseillé de nous rendre sur les lieux  pour notre sécurité. Malgré l’épuisement physique et psychologie, l’équipe d’El Kettar est aujourd’hui plus que mobilisée pour faire  face à cette épidémie. «Nous sommes là comme nous l’avons toujours fait avec le choléra, la rougeole et le VIH sida.

Nous traitons cette infection tous les jours. Nous sommes mobilisés depuis le début de cette épidémie et l’administration, en l’occurrence notre directeur, est mobilisée avec nous et il nous apporte beaucoup de réconfort. Il nous encourage à donner plus de nous-mêmes, malgré la fatigue, le manque  de sommeil et la charge de travail qui s’abat sur nous en ce moment.

Il nous arrive même d’oublier de manger. Les  équipes des trois services, les infirmiers, les agents, les femmes de salles, les médecins et la coordinatrice ne ménagent aucun effort pour assurer un meilleur accueil et  une prise en charge adaptée aux patients. D’ailleurs, chaque sortie d’un patient guéri constitue pour nous une victoire contre le Covid-19», éclate en sanglots le Dr Zmit Fatma-Zohra, infectiologue et chef de service A à El Kettar, qui ne jure que par le premier responsable de l’établissement qui ne ménage aucun effort pour mettre à la disposition du personnel soignant tous les moyens nécessaires pour la prise en charge des cas infectés et hospitalisés.

La mobilisation de tous, a-t-elle signalé, a beaucoup aidé à mettre en œuvre un plan d’organisation pour accueillir les patients testés positifs et ceux qui nécessitent d’être mis en quarantaine. «Outre le point de consultation Covid, des blocs ont été aménagés de façon à avoir plus de lits avec des espaces réservés aux cas positifs dans le bloc C doté de 16 lits et les négatifs dans le Bloc A avec 30 lits.

Le hall des urgences a été également aménagé, vu l’augmentation du nombre de cas ces derniers jours. Les premiers cas hospitalisés testés positifs au Covid-19, chez nous, était la petite fille de 15 mois avec sa maman. Les cas qui sont arrivés au début de l’épidémie étaient   pour la majorité asymptomatiques. Ils étaient sous surveillance et ils sont sortis guéris sans traitement. D’ailleurs, notre équipe était plutôt sereine. Moi même je ne portais pas la bavette au début», révèle le Dr Zmit. Et de signaler que de nombreux cas arrivent depuis quelques jours avec un tableau clinique plutôt révélateur du Covid-19. «Actuellement, nous n’avons que des cas positifs.

La charge de travail a effectivement augmenté avec la hausse du nombre de cas ces derniers jours avec des symptômes tels que la toux, la fièvre, les courbatures, la perte de l’odorat et parfois la gêne respiratoire. Mais nous sommes là pour cela. Nous prenons nos précautions et il faut le dire : la médecine c’est sauver des vies. Les moyens de protection sont mis à notre disposition et nous recevons beaucoup de dons, notamment les masques chirurgicaux, les gants, les blouses les charlottes, le gel hydroalcoolique, etc.»  a-t-elle signalé  avec une petite plainte vis-à-vis de ses enfants qu’elle n’a pas vus depuis trois semaines et qui lui reprochent de ne pas rentrer à la maison et ne pas leur téléphoner.

«Cela me fait très mal et parfois je craque. J’ai dû laisser mes enfants chez mon frère puisque depuis quelques semaines leur père est aussi dans le corps médical. Nous préférons les éloigner de nous pour éviter toute contamination. Il m’arrive de rentrer à la maison tard la nuit pour sortir tôt le matin et parfois je passe la nuit dans mon bureau», nous a-t-elle confié la gorge nouée.

Le Dr Zmit compte beaucoup sur son équipe qui l’épaule dans cette tâche d’une ampleur imprévisible : «Je tiens à rendre hommage à tous les soignants, les femmes de salles, la coordinatrice, les agents de sécurité ainsi que le directeur général de l’hôpital qui ne manque pas d’apporter son aide du matin au soir pour  répondre aux besoins des patients.» Et d’assurer : «Notre satisfaction est de voir  aujourd’hui nos patients bien pris en charge et surtout guéris. A l’annonce des résultats des contrôles aux patients qu’ils soient positifs ou négatifs, nous nous mettons tous à pleurer de joie comme étant un événement heureux pour les positifs et par crainte pour les négatifs.

Il y a effectivement beaucoup d’angoisse chez les patients et les soignants, surtout lorsqu’il y a un malade qui évolue mal et à cela s’ajoute la crainte pour certains soignants de se faire contaminer, qui à leur tour contamineront leurs proches, mais nous essayons toujours de surmonter. Certains médecins et infirmiers ne rentrent pas chez eux. L’hôtel El Kettani a été mis à la disposition de ces personnels par la wilaya d’Alger, que nous remercions au passage.

Ce qui leur permet d’être proches de l’hôpital.» Le Dr Zmit rappelle que cette maladie méconnue reste imprévisible et cela nécessite beaucoup d’attention et de suivi. Pour le DrAmel Zertal, «le respect des gestes  de protection pour nous les praticiens doivent être très précis». «Notre  équipe est justement formée pour ce type de maladie à laquelle nous devons faire face. Nous avons appris dans notre cursus que tout malade atteint d’une maladie infectieuse est un patient potentiellement à risque.

C’est très important de se protéger pour ne pas être contaminé, mais il faut suivre à la lettre toutes les recommandations, comme porter la tenue avant de s’approcher des patients et comment la retirer pour éviter toute mauvaise manipulation. Comme il est aussi important de respecter les règles d’hygiène universelles, soit le lavage des mains», rappelle le Dr Zertal avant de souligner «Nous ne sommes pas à notre première épidémie. Il est vrai que le nombre de malades n’était pas aussi importants.

C’est ce qui nous permet de gérer de manière sereine la situation. Le service a connu la même effervescence en 2009 avec la grippe H1N1, pas avec la même intensité, mais nous l’avons bien gérée. Il en était de même pour les méningites. Les journées sont effectivement épuisantes, nous n’avons pas le temps de voir nos proches, mais on le fait», a t-elle encore souligné.

Dr Zertal  qui se prépare  à assurer son tour  «de garde» dans le  bloc Covid durant toute la semaine à partir de dimanche, de 8h à 17h  sans interruption, est plutôt très optimiste pour les malades hospitalisés et traités. «Ils évoluent très bien. C’est le plus important pour nous», a-t-elle ajouté. Et d’insister sur la disponibilité de l’administration et la mobilisation de tous les travailleurs.

Le Dr Zmit se félicite ainsi de n’avoir enregistré que quatre évacuations à partir de son service  vers la  réanimation au CHU de Bab El Oued. Il s’agit de malades qui «présentaient des atteintes pulmonaires  étendues», a- t-elle précisé, soulignant : «Actuellement, nous avons 34 patients hospitalisés et traités à la chloroquine. La semaine dernière, nous avons fait sortir 14 patients qui sont guéris et c’est ce qui nous réconforte surtout avec des résultats aussi encourageants et nous allons nous mobiliser davantage jusqu’à la fin de cette épidémie.»

Elle rend hommage aux infirmiers et infirmières « cest notre devoir d. «Il est de notre devoir d’être auprès de ces malades. Nous avons effectivement peur d’être contaminés, mais nous faisons très attention, nous nous protégeons», déclare avec dévouement la surveillante médicale, Mme Azzoug Karima, qui ajoute : «Nous nous encourageons les uns les autres à continuer et à surmonter cette situation.

Il est vrai qu’au fil des jours, des moyens viennent à manquer, comme les bavettes mais nous recevons beaucoup de dons entre autres  des masques FFP2 ou FFP3 que nous réservons exclusivement aux médecins ou aux infirmiers qui sont  en contact  direct avec des malade pour leur donner leur traitement et leur servir à manger. Ils ne doivent manquer de rien, comme le gel, le savon liquide etc.» Elle n’a pas manqué de rendre hommage à ses collègues les infirmiers qui, selon elle, «étaient à la hauteur et les malades sont satisfaits. C’est le plus  important pour nous». L’aide psychologique n’est pas en reste, selon  Assia Rahmaoui, la psychologue du service.

Les malades arrivent effectivement dans un état d’anxiété et de panique. «L’angoisse de la mort les hante dès les premiers jours de l’hospitalisation. Il faut dire qu’une hospitalisation pour Covid est déjà une situation dramatique pour le patient», a t-elle indiqué. Pour elle, le travail de l’équipe intervient justement à ce niveau-là. «Dès l’accueil  aux urgences où la consultation Covid est mise en place, on commence par rassurer le patient et tenter de dédramatiser la situation en adoptant plutôt un discours positif.

On lui explique les choses de manière à le rassurer quant à sa prise en charge à l’hôpital, sachant qu’il peut bénéficier d’un traitement, si ce n’est pas contre-indiqué et nous les accompagnons avec une éducation psychologique jusqu’à la fin de l’hospitalisation.» «Certains sont effectivement plus angoissés que d’autres, mais une fois installés et rassurés, ils coopèrent mieux. Parmi ces hospitalisés, il y a beaucoup de patients du corps médical  libéral et autres disciplines dont beaucoup d’entre eux évoluent bien et certains sont guéris», indique-t-elle.

L’hôpital de Boufarik, qui a connu plus de cas de Covid-19 depuis le 29 février, accueille actuellement plus de 100 patients. Contrairement à l’hôpital El Kettar qui semble privilégié, l’EHS de Boufarik dispose d’un service d’infectiologie dont les locaux  s’avèrent très exiguës pour accueillir tous les malades de la région de Blida et de neuf autres wilayas. Un service qui a  effectué plus de 1000 tests de diagnostic de Covid-19.

L’équipe d’infectiologues de sexe féminin pour la majorité, à sa tête le Dr Mohamed Yousfi, n’a pas manqué à son devoir celui d’être au chevet des malades de la wilaya de Blida qui a payé le lourd tribut de cette infection Covid-19. C’est plus de 500 personnes qui sont infectées et prises en charge à l’EHS de Boufarik et dans les hôpitaux de Blida. Parmi eux, le personnels médical et autre travailleurs du secteur, dont l’ambulancier de l’EHS qui a payé de sa vie.

«Nous sommes une équipe de 14 infectiologues, dont un a été affecté au CHU de Blida à travailler H24 depuis 40 jours à mettre en place les conditions nécessaires  pour accueillir  les malades», souligne le Dr Yousfi, chef de service à l’EHS de Boufarik. L’équipe constituée pour la majorité de femmes, que nous n’avons pas pu interroger de fait qu’elles se trouvent toute la journée dans le bloc Covid-19 qu’elles ne peuvent quitter qu’une fois dans la journée, c’est-à- dire à partir de 18h  pour renter chez elles.

«Ce sont des mères  de famille avec des enfants en bas âge, mais elles n’ont pas manqué à leur devoir qu’elles soient médecins ou infirmières. Celui de se présenter tous les matin. Certaines  viennent de la wilaya d’Alger jusqu’à Boufarik et ne repartent qu’à 19h. Je leur rends un grand hommage », a-t-il tenu à témoigner.

Il s’agit d’une épidémie  qui doit mobiliser tout le monde, a-t-il encore souligné. L’hôpital accueille actuellement plus d’une centaine de patients répartis entre les cas positifs et négatifs. «C’est tout un travail qui est engagé pour assurer et dégager des lits d’hospitalisation aux nouveaux cas qui arrivent tous les jours. Vu certaines contraintes rencontrées, il est  difficile d’assurer quotidiennement une bonne rotation. D’ailleurs, des patients ont été orientés vers Blida» a-t-il ajouté. Et de signaler que près d’une centaine de patients  sont traités à l’hydroxychloroquine, dont 50% sont guéris et sortis et les autres sont en cours de traitement.

Yassir livre les médicaments aux malades atteints du VIH/Sida

Le service d’urgence des maladies infectieuse  est toujours assuré au niveau de l’hôpital  dans un bloc loin de la consultation et l’hospitalisation Covid-19. Le centre de vaccination est également  opérationnel.

«Tout a été organisé de manière à séparer  les urgences Covid-19 et autres urgences  maladie infectieuses.

Des équipes sont dédiées spécialement au Covid  constituée de maîtres assistants, professeur et avec un résident dans chaque équipe», informe le Dr Zmit, précisant que les patients atteints du VIH/sida pour qui les rendez-vous de renouvellement des traitement  étaient prévus en cette période ont été priés de rester chez eux. 

«Une liste de malades a été établie et leurs traitements leur sont envoyés  par  colis pour chaque malade dans sa wilaya de résidence. Le service de VTC Yassir s’est porté volontaire et livre  gratuitement les médicaments.  Une initiative  des associations de malades que nous avons encouragés»,  a noté  Dr Zmit. D. K.


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