Où est l’Algérie ?



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L’annonce, mercredi, par le Premier ministre libyen, Fayez Al Sarraj, de sa décision de démissionner de ses fonctions à la fin du mois d’octobre prochain a révélé une réalité amère : l’absence totale de l’Algérie de la scène libyenne.

Ce jour-là, toutes les télévisions d’outre-Méditerranée ont évoqué tous les acteurs de tous les pays jouant un rôle dans la crise libyenne. Même des régimes qui évitaient à une certaine époque la Libye à cause du comportement imprévisible et déstabilisateur de Mouammar El Gueddafi se sont mis à s’intéresser au problème dans le seul but de redorer leur blason, même si cela doit se faire au détriment du peuple libyen, considéré comme quantité négligeable.

Dans la région, seule l’Algérie avait une connaissance claire de la Libye et des frasques et caprices de son leader. Pour des raisons multiples, elle a su tempérer les fougues et excentricités de Mouammar El Gueddafi. Il faut dire que les relations entre les peuples algérien et libyen, marquées par un respect et une confiance totale, datent de la Guerre de Libération et ne se sont jamais altérées depuis. Si par hasard les autorités libyennes avaient un problème, elles trouvaient l’Algérie présente pour les sortir du bourbier.

Cela s’est largement vérifié en juillet 1977, El Gueddafi n’avait rien trouvé de mieux à faire que de provoquer des incidents militaires à la frontière égypto-libyenne. Anouar El Sadate a envoyé son armée pour riposter et il était décidé à en découdre définitivement avec le dictateur de Tripoli. Boumediène intervient. Il prend l’avion et s’envole pour Le Caire. Il réussit à calmer le raïs. N’était son intervention, l’armée égyptienne aurait marché sur Tripoli. C’est un exemple parmi tant d’autres pour dire que l’Algérie est incontournable lorsqu’il s’agit de la Libye. Malheureusement, cette aura allait être détruite par un homme : Abdelaziz Bouteflika.

Lorsque la guerre civile éclate en 2011 chez le voisin, après la mort violente d’El Gueddafi, le ministre algérien des Affaires étrangères de l’époque, Ramtane Lamamra, un diplomate chevronné très respecté sur la scène internationale et surtout en Afrique, engage une médiation à haut risque entre les belligérants pour leur faire entendre raison. On raconte qu’il était près de réussir et que dans ce cas, il serait éligible au prix Nobel de la Paix. Une perspective que l’imposteur Bouteflika ne pouvait accepter, surtout que lui-même rêvait de ce prix dès le premier mandat et a mobilisé pour cela l’administration nationale et l’appareil diplomatique.

Son atout ? Il a ramené la «concorde civile». Un argument ridicule qui avait le mérite de prouver qu’il était un piètre diplomate qui avait exploité le prestige de la Révolution algérienne à son projet. Il avait préféré limoger Lamamra pour qu’il n’atteigne pas l’objectif, même si cela devait prolonger les souffrances du peuple libyen. Depuis, il a interdit à deux diplomates algériens de parler de la Libye ou de s’y rendre. Il a tout fait pour que l’Algérie soit absente de la scène libyenne et il a réussi. Une absence que nous payons chèrement aujourd’hui. L’Algérie, qui était la «Mecque des révolutionnaires», est aujourd’hui quantité négligeable sur la scène internationale.

On ne reconnaît plus la flamboyante Algérie qui a dirigé avec brio le Mouvement des non-alignés en 1973, qui défiait les «grands» et qui osait dire par la voix de Boumediène au sommet islamique de Lahore en 1974 : «On ne va pas au paradis le ventre creux. Le Coran n’a jamais nourri son homme.» Quel dirigeant musulman oserait tenir un tel discours aujourd’hui ?


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