Donald Trump

chaos, colère et division



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Donald Trump rêvait de «quatre années incroyables de plus à la Maison-Blanche». Il la quitte aigri, incroyablement seul, et lâché par une grande partie de son camp après l’infamie d’un nouvel «impeachment» lié à l’assaut de ses partisans contre le Capitole, qui ternira à jamais son mandat.

A la fois révélateur et amplificateur des fractures de l’Amérique, celui qui jetait amusé dans la foule ses casquettes rouges Make America Great Again laisse derrière lui un pays meurtri, en plein doute et rongé par la colère.

Un pays dont l’image dans le monde est durablement abîmée, loin, très loin de «la ville qui brille sur la colline», selon la célèbre formule de Ronald Reagan, icône du camp républicain.

Transgressions, provocations et propos moqueurs à l’appui, l’ancien homme d’affaires de 74 ans a écrit, grâce en particulier à son compte Twitter dont il a été privé dans la dernière ligne droite, un chapitre en tous points inédit de l’histoire des Etats-Unis.

Pendant quatre ans, les Américains ont assisté – enthousiastes, médusés ou effrayés – au spectacle d’un président ne s’imposant aucune contrainte, s’affranchissant de toutes les normes.

Ironie pour un homme obsédé par les chiffres d’audiences et qui divise le monde en «winners» et «losers», il restera, contrairement à ses trois prédécesseurs directs (Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton), le président d’un seul mandat.

Un mandat qui a exposé la vulnérabilité mais aussi la résilience de la démocratie américaine face à un dirigeant refusant de reconnaître le verdict des urnes et agitant des théories du complot en guise d’arguments juridiques.

Les images de ses sympathisants déchaînés dans le temple de la démocratie américaine, brandissant drapeaux Trump et drapeaux confédérés et laissant sur les murs des graffitis appelant à tuer les journalistes resteront une tâche indélébile sur son passage à la Maison-Blanche. «Donald Trump est l’homme le plus dangereux ayant jamais occupé le Bureau ovale», lâchera l’élu démocrate Joaquin Castro lors des débats sur sa mise en accusation. Le 45e président de l’histoire a, de fait, testé les limites des institutions démocratiques, poussant certains à évoquer un véritable coup d’Etat.

La diplomate Fiona Hill, qui fit un temps partie de son équipe de sécurité nationale a évoqué, d’une formule ciselée, une tentative d’«auto-coup», menée «au ralenti» et «en pleine lumière».

L’armée, la justice, les élus locaux, les médias ont joué leur rôle, servi de remparts. «La bonne nouvelle pour les Etats-Unis est que l’auto-coup de Trump a échoué. La mauvaise est que ses partisans crient toujours au Grand Mensonge selon lequel il a remporté l’élection», a-t-elle résumé.

Arrivé au pouvoir en créant la plus grande surprise de l’histoire politique moderne, il a su parler à une Amérique qui se sentait «oubliée» mais a systématiquement refusé d’endosser les habits de rassembleur.

Plus que toute autre séquence dans sa présidence, la pandémie Covid-19 – qui a fait près de 400 000 morts aux Etats-Unis – a mis en lumière cette posture. Donald Trump a ironisé sur le port du masque, y voyant une manifestation du «politiquement correct» qu’il a brocardé en toutes occasions.

Il a attaqué Anthony Fauci, immunologue le plus respecté du pays, qui a, avant lui, travaillé avec cinq autres présidents américains et qui fut, inlassablement, la voix de la raison scientifique. Il a minimisé la menace sanitaire en se présentant en «Superman» après avoir lui-même été testé positif, passant à côté de l’occasion qui lui était offerte, après son hospitalisation, de faire preuve d’empathie.

«Mandat saturé de scandales»

L’effondrement économique annoncé par certains le 8 novembre 2016, jour de son élection coup de tonnerre, n’a pas eu lieu. Nombre d’indicateurs – chiffres de l’emploi en tête – ont longtemps été au beau fixe avant l’impact ravageur du coronavirus.

Mais dans un mandat saturé de scandales, qui contraste singulièrement avec ceux de Barack Obama, le septuagénaire à la longue cravate rouge a abîmé la fonction, attaqué juges, élus et fonctionnaires, et alimenté les tensions raciales.

Au-delà de ses frontières, il a rudoyé les alliés des Etats-Unis, fait preuve d’une troublante fascination pour les dirigeants autoritaires, de Vladimir Poutine à Kim Jong Un, et donné un brutal coup de frein à la mobilisation sur le climat. 


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