Le prix de la sardine flambe depuis plusieurs semaines



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Jamais la sardine n’a atteint un prix aussi élevé que ces derniers jours, et cette flambée ne semble pas connaître de recul. Cédée il y a quelques mois à un prix compris entre 150 et 200 DA/kg, elle a atteint ces derniers jours les 800 DA, voire 1000 DA/kg. Une envolée jamais connue, et décriée aussi bien par les consommateurs que par les professionnels.

Considérée comme une alternative aux viandes rouges, souvent inaccessibles aux petites bourses, la sardine a fini par devenir un produit de luxe. Mustapha Zebdi, président de l’Association algérienne de protection et d’orientation du consommateur et de son environnement (Apoce), trouve que la hausse des prix ne touche pas uniquement la sardine.

«La dévaluation du dinar a eu des retombées sur les prix de tous les produits, y compris des outils de la pêche. Je ne veux pas justifier cette flambée, mais il y a une réalité à prendre en compte. Pour nous, il est anormal que la sardine soit vendue à 1000 DA. Cela est dû à plusieurs facteurs, liés à l’organisation, à l’épuisement de la ressource par des pêches même durant les périodes de repos. Sur les étals, on trouve souvent de la sardine de 5 à 6 cm, interdite à la pêche. Est-ce normal qu’elle soit mise sur le marché sans que les instances de contrôle ne réagissent ? Il faut aussi parler des outils de la pêche qui restent archaïques. Ils n’ont pas été développés. Ceux qui accèdent au métier de pêcheurs sont ceux qui sont déjà dans l’activité et qui maintiennent depuis longtemps le monopole. De plus, notre littoral de plus en plus pollué s’appauvrit.»

M. Zebdi estime, par ailleurs, que le système de commercialisation du poisson «n’aide pas à une meilleure mise à disposition de ce produit aux consommateurs» parce que, selon lui, «la vente des produits de la mer se fait sans facture, sans transparence ni traçabilité». Il plaide donc pour «l’importation de la sardine pour la rendre accessible aux petites bourses».

Certains pêcheurs expliquent cette situation par «le mauvais temps, la rareté de la source et l’épuisement de la pièce de rechange, dont l’importation a été bloquée en raison de la pandémie», alors que d’autres dénoncent «les réseaux de trafiquants qui achètent les casiers en mer avant même que la sardine n’arrive au port, l’absence de contrôle et une organisation obsolète du métier de pêcheur».

Le poisson se raréfie

Saïd, armateur de longue date, affirme «ne plus pouvoir pêcher aussi bien la sardine que les autres espèces de poisson. Il faut savoir que de décembre, et parfois de novembre, jusqu’à février, c’est une période creuse. Le poisson se raréfie. Donc, il faut aller très loin au large pour pêcher, aussi bien le gros poisson que le petit. La ressource se raréfie. Nous remarquons que de nombreuses petites embarcations, de 4,8 mètres, s’aventurent en dehors de la limite qui leur est imposée pour aller pêcher avec des filets d’une longueur de près d’un kilomètre, alors qu’ils ne devraient pas dépasser les 100 mètres.

Le poisson est harcelé même dans les zones de recul. Un peu partout dans les villes côtières, ces embarcations sortent par dizaines sans qu’elles ne soient contrôlées par les gardes-côtes ou la police de la pêche. Les chalutiers pêchent dans des zones interdites sans être inquiétés, et des filets au maillage interdit sont utilisés. A cela, il faut savoir que les armateurs importaient leurs pièces de rechange d’Italie, Espagne et Tunisie, mais avec la pandémie, cela n’est plus possible. Beaucoup d’armateurs sont à l’arrêt depuis des mois.

La situation est gravissime, notamment pour ceux qui font dans l’exportation. Il faut une réorganisation de la totale de l’activité». Nos interlocuteurs sont unanimes à plaider pour «une réorganisation» du métier de la mer et la mise en place d’un dispositif de contrôle adéquat et permanent pour freiner «la pêche illégale, le trafic et le jeu malsain des mandataires».

Lors de son intervention sur les ondes de la Radio nationale, le ministre du secteur, Sid Ahmed Ferroukhi, reconnaît «les difficultés à pêcher suffisamment de sardine et de poissons en général» en raison, selon lui, du mauvais temps.

Pour lui, «les prix reprendront leur cours normal dès que les conditions de navigation le permettront», précisant que ce problème du prix de la sardine se pose depuis 10 ans. «Il n’est pas propre à l’Algérie. C’est le cas dans beaucoup de pays. Cette envolée revient chaque année, en cette période, et reste essentiellement liée à des facteurs naturels et environnementaux», dit-il.

Selon lui, il ne faut aller pêcher au large et non pas sur le littoral où la ressource se raréfie, «cela permettra de fournir d’autres variétés de poisson, notamment le poisson bleu errant».

Le ministre admet, cependant, que la hausse du prix de la sardine intervient y compris durant la période de pêche (entre les mois de mai et novembre), et de ce fait, il évoque «un plan de développement de l’industrie de la construction navale», prévu par le gouvernement, «visant à résoudre le problème à travers la pêche en haute mer».

En attendant, la sardine restera un produit de luxe pour de larges couches de la population algérienne.


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