64e anniversaire de la grève des huit jours

Une cause portée au-delà des frontières



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L’Algérie commémore ce 28 janvier le 64e anniversaire de la grève des huit jours (28 janvier – 5 février 1957). Un événement-clé de la guerre de Libération nationale ordonné par le Comité de coordination et d’exécution (CCE), coïncidant avec la session de l’Organisation des Nations unies sur la question algérienne qui a semé le désarroi des autorités françaises qui refusèrent des pourparlers avec le FLN.

La grève a été unanimement suivie par les Algériens qui luttaient par tous moyens pour recouvrer leur indépendance. Mais avant tout, il s’agissait d’une démonstration de force, non violente, se voulant un défi à la France coloniale avec des objectifs politiques et diplomatiques. La veille de cet événement, le CCE, issu du congrès de la Soummam, émis plusieurs tracts annonçant l’épreuve de force.

Les militants avaient fait circuler les mots d’ordre durant les journées de grève en ces termes : «Ne circulez pas dans la ville européenne, ne sortez pas de La Casbah, hébergez dans vos propres maisons les pauvres, les mendiants, les frères sans logis, faites des provisions de vivres et d’eau pour huit jours.»

«Dénoncer la torture et la violence contre les Algériens et faire connaître la cause algérienne sur la scène internationale. D’ailleurs, nous avons choisi la date du 28 janvier au 4 février, car elle coïncidait avec l’ouverture de la session de l’ONU», dixit les dirigeants (chefs des six wilayas historiques + la Zone autonome d’Alger) de la Révolution dont le siège était basé au 133 rue Télemly à Alger.

Le jour J, l’élan populaire a été effroyablement réprimé. Une répression d’une rare violence s’est abattue sur les manifestants algériens. Cette violence était d’ailleurs dans la nature du système colonial, lequel n’hésitait pas à recourir systématiquement à la torture généralisée et aux massacres collectifs (opération Crevette Bigeard qui consistait à jeter les Algériens en mer à partir dhélicoptères), aux vagues d’arrestations et au placement dans des résidences surveillées.

Il faut dire aussi que la grève des 8 jours a été suivie dans toutes les grandes villes du pays et même en France. Le témoignage du moudjahid Mohamed Ghafir, dit «Moh Clichy», figure de proue de la Révolution algérienne sur l’autre rive de la Méditerranée, en dit long sur la grande participation de la communauté algérienne en France, notamment à Paris.

Dans un long témoignage à notre rédaction, ce révolutionnaire, l’un des derniers des Mohicans de la Guerre d’Algérie, a tenu à remettre les pendules à l’heure contre l’exclusion de ceux qui ont participé massivement à cette grève de l’autre côté de la Méditerranée.

L’histoire tronquée

«Je me fais le devoir de donner ce témoignage vivant, vécu parmi l’émigration au sein de la Fédération de France du FLN. Je me trouvais à l’époque responsable de la région Nord de Paris couvrant le 17e arrondissement et trois communes de la banlieue nord (Clichy, Saint Ouen et Levallois)», se remémore l’orateur.

Pour Mohamed Ghafir, la participation des Algériens de «l’autre rive» a été cruciale puisque ce fut l’occasion pour l’émigration algérienne de prouver devant l’opinion française et internationale son appartenance à la nation algérienne. «Par devoir de mémoire, il faut rappeler que cette grève a concerné toute l’Algérie et l’émigration en France structurée au sein de la Fédération de France FLN, les tracts et les directives du CCE furent claires et précises. Il s’agit de la bataille d’Algérie et non la bataille d’Alger, appellation donnée par le général Massu et ses paras», livre Mohamed Ghafir confrontant ses propos au livre de Mohamed Lebdjaoui intitulé Bataille d’Alger ou bataille d’Algérie ? (Edition Gallimard 1972).

Un point d’interrogation significatif pour le révolutionnaire car, selon lui, limiter cette grève à Alger uniquement remettrait en cause la portée et l’impact de cet événement qui constitue la 3e étape de la lutte de libération après celle du 20 août 1955 (l’offensive du Nord constantinois par l’ALN) et du 20 août 1956 du Congrès de la Soummam.

«Il faut rappeler aussi qu’en France, le mot d’ordre a été suivi par 300 000 Algériens. Toutes les entreprises françaises, usines, chantiers et administrations se sont retrouvés paralysés économiquement durant 8 jours à cause de l’absence de la main-d’œuvre algérienne. C’est pour cela que la dimension de cet événement ne doit pas se limiter aux portes d’Alger», témoigne Moh Clichy.

Autant dire que jamais depuis 1830, une action concertée n’avait pu mobiliser sur l’ensemble du territoire et bien au-delà des frontières, le même jour, et au même moment, des millions d’hommes et de femmes.

Une journée d’étude est organisée aujourd’hui à la Bibliothèque nationale d’El Hamma, animée par les anciens responsables (Nord Paris) Mohamed Ghafir et Noui-Mehidi Abdennour portant sur le thème «Rabiï Rabia», premier martyr de la grève des huit jours, tombé au champ d’honneur en France le 26 janvier 1957.      


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