Aider Air Algérie à voler de ses propres ailes !



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Exit donc le P-dg d’Air Algérie Bakhouche Allèche et le ministre des Transports Lazhar Hani ! Tous deux limogés, selon les raisons officielles, pour avoir engagé une indue opération de catering à l’étranger, au mépris «du contexte économique national et des orientations financières visant la gestion rationnelle des devises et la priorité à accorder à la production nationale». Autrement dit, le P-dg sortant et son ministre de tutelle gaspilleraient allègrement des devises précieuses en temps de raréfaction des ressources financières du pays, crise économique aggravée par la pandémie de Covid-19 oblige ! 
En réalité, le problème du pavillon national n’est pas exclusivement réductible à la seule qualité managériale de son premier responsable ou à son souci scrupuleux des finances publiques. Le problème est beaucoup plus vaste et beaucoup plus profond. Et c’est le président de la République Abdelmadjid Tebboune qui l’a souligné lui-même après avoir limogé le P-dg d’Air Algérie. Il a, en effet, demandé la «révision du mode de gestion de la compagnie Air Algérie de manière à la rendre compétitive à l'international, et la réduction du nombre de ses agences commerciales à l'étranger». Dans sa nouvelle forme, le transporteur national aura ainsi, entre autres nouvelles obligations, celle d’ouvrir de nouvelles dessertes, notamment vers les Amériques et l’Afrique. La compagnie a, par conséquent, d’autant besoin impérativement d’un nouveau modèle économique qu’elle devra se préparer à l’arrivée de nouveaux concurrents, sachant que le Conseil des ministres a décidé de la création de «compagnies spéciales» en vue d’assurer le transport aérien domestique. Ce qui aura l’heur de casser son monopole parfait dans ce domaine. 
Comment faire alors avec un modèle économique obsolète ? Système qui fait d’Air Algérie une compagnie obèse, sous perfusion financière permanente de l’Etat qui est son unique actionnaire, et dont les résultats d’entreprise sont perpétuellement en inadéquation avec ses ressources humaines pléthoriques, ses moyens techniques et ses capacités financières. Le défi est immense ! 
Air Couscous, comme on l’appelle affectueusement ou de façon péjorative, nage dans la chorba depuis longtemps déjà, et ses P-dg successifs pédalent souvent dans la semoule ! Certes, la flotte de 59 aéronefs a été substantiellement rajeunie ces 15 dernières années. Et même si elle a modernisé en partie les procédures certifiées –quand bien même restent-elles encore un peu loin des normes internationales –, et entamé la filialisation de la société, beaucoup de «restes à réaliser» restent à accomplir. Le futur remplaçant de Bakhouche Allèche atterrira ainsi sur un vaste chantier où beaucoup est encore à faire, particulièrement en termes de parts de marché sur les vols internationaux depuis l'Algérie. Malgré la disparition d’un concurrent direct comme le français Aigle Azur, la part d'Air Algérie est loin d’avoir atteint l'objectif des 65% fixé par l'Etat. Mais la compagnie ne souffre pas seulement de la concurrence qui lui taille régulièrement des croupières. 
L'entreprise, dont le bien modeste et statique site internet la présente comme une société «résolument tournée vers la modernité […] et la satisfaction de sa clientèle», pèche justement sur ces deux points que sa communication Web vante le mieux. Depuis toujours, elle est décriée par ses clients pour la qualité de ses prestations, la ponctualité, l'information et l'indemnisation des voyageurs. Mais il y a bien pire : en 2009, Air Algérie a frôlé l'inscription sur liste noire. Cette année, les contrôles, dits SAFA, effectués par des inspecteurs des aviations civiles européennes lors des escales ont montré des «manquements dans les domaines de la sécurité du transport de marchandises, de la navigabilité et de l'exploitation des appareils et des licences du personnel navigant». Heureusement, ce ne fut pas le cas, mais le boulet est passé de près ! 
Pour ne plus négliger la menace d'être un jour sur une black-list, le nouveau P-dg devra se souvenir du crash du Boeing 737 du vol AA 6289 qui a fait 102 morts à Tamanrasset, en 2003, et celui du cargo Lockheed L-100-30 qui s'est écrasé à Piacenza en Italie, en 2006 ! Il aura manifestement du pain sur la planche et du souci à se faire. Il aura à connaître des autres insignes faiblesses de la compagnie : mauvaise stratégie de déploiement, manque de réactivité, sous-dimensionnement de la flotte par rapport à la demande, malgré l'effort de renouvellement ; mauvaise qualité des services, qualité moyenne de la maintenance en dépit de la mise en place d'une nouvelle base d'entretien. De même, la fidélisation de la clientèle, l'absence d'un centre de contrôle opérationnel digne de ce nom, et l'emplacement des agences dans des quartiers à loyers ultra-chers à l'étranger. Et, last but not least, une politique estivale de leasing des avions et de leurs équipages peu rentable, l'externalisation de la formation des pilotes en dépit de l'achat de simulateurs de vols… Sans compter ses effectifs en surnombre, mal affectés, mal utilisés, et le plus souvent au détriment du technique. 
D'autres raisons structurelles, politiques notamment, disent mieux pourquoi Air Algérie ne décolle pas, alors qu’elle pourrait devenir la première compagnie du Maghreb et un des leaders africains. Avec l'immigration algérienne en France, elle dispose d'une base de développement extraordinaire. Mais depuis longtemps, elle ne parvient pas à voler haut en raison, entre autres, de son lien avec l'Etat qui fonctionne comme un aérofrein, l'empêchant d'avoir un cap stratégique clair. Le rôle de l'Etat est crucial, car il doit aider Air Algérie à se réajuster pour que, dans dix ans, elle serait en situation de concurrencer le champion africain toutes catégories, Ethiopian Airlines ! 
Aujourd’hui, la situation est encore plus compliquée avec l’arrêt de l’activité post-Covid19. Et même après la reprise des vols réguliers, la situation ne devrait pas s'améliorer dans un marché qui sera marqué par une concurrence féroce, l'envolée des prix du carburant et la domination de mastodontes aériens. A l’heure actuelle, Air Algérie n’a ni la masse critique ni les moyens financiers et les compétences suffisantes pour résister. Et ce n'est pas la valse des P-dg à sa tête qui y changerait sensiblement quelque chose. En dépit de la volonté politique affichée récemment par le chef de l'Etat, l’horizon n’est pas pour autant dégagé devant le futur patron de la compagnie, qui ne s’en sortira pas sans un engagement financier plus fort de l'Etat pour accroître sa flotte et moderniser, de fond en comble, ses procédés de management. Il y a bien loin de la coupe aux lèvres ! 
N. K.

 


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