Un événement qui a tenu toutes ses promesses à Constantine



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Que faut-il retenir du mouvement d’hier, si ce n’est cette volonté populaire de s’affirmer et de maintenir ses revendications pour lesquelles de longues marches ont été menées.

Le hirak, saison 2» pourrait être le titre qui conviendrait le mieux à l’événement tant attendu hier à Constantine.

Dès la matinée, et malgré un important dispositif de sécurité déployé au centre-ville, notamment sur les deux places mythiques du hirak, celles des Martyrs et du Colonel Amirouche, un mouvement de groupes de jeunes a été remarqué dans les environs du palais de la culture Al Khalifa dans des tentatives de tenir un rassemblement.

Il a fallu un long moment de doute et un round d’observation, avant qu’une centaine de personnes ne réussissent à se regrouper sur les lieux vers 10h30.

C’était le moment tant espéré pour que d’autres groupes viennent grossir les rangs. Finalement, le coup d’envoi était donné et la foule est devenue encore plus importante. Des figures connues du hirak à Constantine étaient déjà là. «Il ne fallait rater cet événement pour rien au monde. Nous avons tout fait pour qu’il ait lieu, après presque une année d’arrêt à cause de la pandémie.

C’est notre mouvement. Grâce à lui, nous avons réussi à réaliser beaucoup de choses. Comme nous avions célébré le 1er anniversaire, nous sommes là pour la deuxième année, malgré toutes les tentatives pour nous en dissuader», déclare un jeune.

A 11h, la marche est déjà mise sur les rails. Elle s’ébranle doucement mais sûrement à partir de la place des Martyrs, sous le regard vigilant des agents de l’ordre qui, finalement, ne sont pas intervenus, se contentant de contrôler de près le mouvement, car la foule est devenue plus nombreuse, plus compacte et surtout plus déterminée.

Un millier de personnes, ou peut-être plus, étaient au rendez-vous pour célébrer à leur manière ce deuxième anniversaire et surtout marquer leur attachement aux principes du mouvement populaire du 22 Février.

Le peuple dénonce la récupération du hirak

Mais que faut-il retenir du mouvement d’hier, si ce n’est cette volonté populaire de s’affirmer et de maintenir ses revendications pour lesquelles de longues marches ont été menées.

En parallèle des festivités officielles du 22 Février, «Journée nationale de la fraternité et de la cohésion peuple-armée pour la démocratie», les Constantinois s’en sont démarqués pour célébrer ce deuxième anniversaire à leur manière. En chœur, ils ont exprimé clairement leur rejet des célébrations officielles scandant : «Majinach beh nahtaflou, jina beh tarahlou !» (Nous ne sommes pas venus pour la fête, nous sommes venus pour votre départ) et «La révolution a démarré, brandissez les emblèmes !». Hier, les mêmes slogans sont revenus avec les mêmes intonations et la même ferveur.

Par ailleurs, les manifestants n’ont pas hésité à évoquer les fameuses déclarations du terroriste Abou Dahdah, les qualifiant de mensonges fabriqués par le pouvoir. Ils ont chanté en colère : «Abou Dahdah se moque de nous…

Le 22 février nous sommes de retour.» Pour sa part, Mohamed, un irréductible du hirak, estime que cette affaire de Abou Dahdah n’est qu’une stratégie du pouvoir pour affaiblir le mouvement en semant le doute au sein du peuple et lui faire peur en évoquant la décennie noire.

«C’est une honte de se moquer de l’intelligence du peuple de cette manière et se faire ridiculiser dans le monde. L’Algérien en a marre des intimidations, de cet ennemi invisible et ces mains étrangères qui veulent déstabiliser le pays. Le pouvoir a donc voulu donner une image de cet ennemi et faire passer des messages bien précis.

Malheureusement, c’était une très mauvaise idée», a-t-il expliqué. Les protestataires étaient unanimes à maintenir le mouvement, à n’importe quel prix. Certains ont estimé que la libération des détenus du hirak n’est pas une faveur, vu qu’ils n’ont pas dépouillé le pays. «Les soi-disant changements et le remaniement ministériel sont considérés comme un non-événement. C’est une sorte de débat périphérique pour détourner l’attention du peuple des véritables problèmes», a déclaré un étudiant.

Et de poursuivre : «Le peuple est en train de vivre un marasme social, avec la hausse des prix, la grève des travailleurs et autres. Aucun changement n’a été mené et le pouvoir est en train de s’adresser à un peuple dépolitisé et en détresse. Le pouvoir semble avoir oublié que l’une des raisons du soulèvement du peuple est la précarité quotidienne.»


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