À quoi sert le vent ?



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Dans la nuit de samedi à dimanche, un vent particulièrement violent a soufflé sur certaines régions du pays. Ne cherchez ni parabole ni second degré, d’abord dans le sujet. D’abord parce que d’une manière générale, ce n’est pas le genre de la maison. Ensuite parce que même dans le cas précis, il n’y en a pas, puisqu’on n’est jamais à l’abri de la tentation d’une première fois, en tout, celle de chercher un sens au vent et pourquoi pas une direction qui ne serait pas accessible aux gens ordinaires. Ne vous cassez donc pas la tête, ne vous triturez pas les méninges pour explorer les mots, les points et les virgules en quête de cachotteries savantes. Il ne s’agit que du vent dans son sens le plus basique, sa signification primaire. Avant d’oublier, est-ce qu’on peut se permettre une petite digression pour dire qu’il y a un ami dont la maîtrise de la langue française est parfaite mais confond toujours méninges et ménages, allez savoir pourquoi. Il nous disait l’autre fois que c’était sa… maladie chronique et, volontiers dans l’autodérision, il avait ajouté que c’était plus difficile à guérir que la Covid-19. Il faut revenir au vent après ce long détour ? D’accord. Les hommes, les femmes aussi d’ailleurs, se sont toujours demandé à quoi servait le vent. Dans notre enfance de villageois montagnards, il arrivait souvent qu’on cherche à comprendre des phénomènes dont l’explication n’est pas évidente. On sait, presque naturellement, à quoi servent la pluie, la neige, la lune et le soleil. Mais allez savoir quelle est l’utilité du vent. Dans notre village, il y avait un vieux. Enfin, appelons-le ainsi. Il n’était pas si vieux que ça mais, à trente ans, il avait couvert sa tête d’un turban, avait une canne et surtout ne travaillait plus, si vous voyez ce que ça veut dire. Cet homme avait séjourné en France pour quelques années, le temps qu’avait duré la guerre de Libération plus exactement, si vous voyez ce que ça veut dire ! Avant d’émigrer, il avait appris quelques versets du Coran et de son exil, il est rentré avec quelques tournures de phrases que tout le village considérait comme de la science infuse, les choses étant ce qu’elles étaient à l’époque. C’est donc lui, comme tout « Monsieur sait tout » qui se respecte, qui nous expliquait que le vent servait à tirer les plantes de la terre et donnait goût à tout ce qui poussait sur terre : sans le vent, le blé et l’orge seraient amers et donc immangeables. Depuis, personne n’avait vérifié si ses explications tenaient la route mais tout le monde avait fini par comprendre que ses tournures de phrases étaient une imposture. Sinon, dans la nuit de samedi à dimanche à Blida, le vent était tellement violent que des citoyens habitant des immeubles particulièrement fragiles ont préféré passer la nuit dehors que de prendre le risque d’un tragique effondrement. Pour eux, le vent n’a jamais servi à autre chose que ça. Ne cherchez pas d’allégorie, n’essayez pas de lire entre les lignes. Ce n’est que du vent.

S. L.


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