Mahfoud Kaoubi. Economiste

«Les effets de la crise financière sont de plus en plus ressentis»



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-Le réaménagement intervenu le week-end dernier dans le secteur bancaire, en introduisant le principe d’une direction bicéphale à la tête des six banques publiques, est-il susceptible d’être la bonne réponse au malaise et à la léthargie qui caractérisent le secteur financier algérien ?

Les nominations à la tête des banques publiques viennent annoncer un nouveau mode de gouvernance de ces entreprises, en dissociant clairement entre la fonction du président du conseil d’administration et celle de direction. Souvent décriée, la gouvernance des banques publiques péchait par la grande confusion et les limites pas souvent très claires entre le rôle et les prérogatives de l’organe d’administration et celui de gestion. Cette mesure, recommandée dans les différentes missions d’audit et d’évaluation de la gestion du secteur, notamment public, est une réponse indispensable pour mener une réforme d’un secteur bancaire qui commence à connaître de sérieux problèmes de liquidités et qui pourraient se compliquer encore durant les prochains mois. Toutefois, cette mesure devrait s’inscrire dans une politique de réforme beaucoup plus profonde, devant permettre à ce secteur d’être plus efficace et plus rentable.

-Des observateurs avertis de la scène financière locale redoutent les effets de la crise financière du pays, à l’heure où l’activité économique, en pleine Covid-19, n’arrive pas à redémarrer. Le risque est-il vraiment à prendre au sérieux surtout lorsque l’on sait que la Banque d’Algérie semble avoir usé toutes ses cartes, ou presque, pour sécuriser, si le mot est approprié, le système bancaire ?

Les effets de la crise financière sont de plus en plus ressentis. Les dysfonctionnements que cachait l’embellie financière induite par la hausse sensible des prix des hydrocarbures sont de plus en plus apparents. L’impact économique de la Covid-19 n’a fait que compliquer et accélérer le processus de dégradation. Le risque est à prendre très au sérieux, car la situation risque de se compliquer sérieusement et surtout très vite. Les indicateurs aussi bien macro-économiques que micro-économiques ne cessent de se détériorer (taux de chômage, soldes de la balance commerciale et des paiements, réserves de change, déficit budgétaire, endettement interne…). La Banque d’Algérie a pris, depuis plusieurs années déjà, des mesures afin de stabiliser et de réunir les conditions appropriées pour s’adapter à cette situation de crise. Seulement, le mal est structurel et ce n’est pas de telles mesures qui pourraient suffire pour faire face à une crise profonde qui s’installe dans la durée. Sans de véritables réformes structurelles et sans un véritable projet de sortie de crise, une dégradation rapide de la situation n’est pas à écarter.

-On a assisté il y a quelques mois à une scène inhabituelle, du moins sur la scène publique, où une entreprise publique, l’Eniem en l’occurrence, a essuyé un refus de financement de la part de sa banque, celle-ci appartenant à l’Etat bien sûr. Il faut convenir que le cas est inhabituel ne serait-ce que par la manière dont il a été porté sur la scène publique. Le principe de la commercialité est-il en train de prendre toute son importance au moment où les crédits irrécouvrables des banques publiques semblent de plus en plus importants ?

Votre question touche à un problème des plus importants dont souffrent les banques publiques. Celui de la limite entre les objectifs de la commercialité et les contraintes des missions non commerciales confiées par les pouvoirs publics aux banques. La relation banques publiques/entreprises publiques constitue souvent la parfaite illustration.

N’ayant pas connaissance des détails techniques et financiers du dossier en question, il serait maladroit d’essayer de porter un jugement sur la suite qui a été donnée à ladite demande de financement. Une chose est certaine, c’est que le niveau actuel de la liquidité (trésorerie), la situation d’incertitude et de manque de visibilité qui dure depuis plus de deux ans sont des éléments qui pèsent sérieusement sur de telles décisions. C’est pour cela qu’une redéfinition des objectifs des banques implique une clarification entre les limités du champ de la commercialité et celles de l’accomplissement des missions non commerciales s’impose comme préalable à tout sauvetage du secteur bancaire public.

-Les banques sont-elles en mesure actuellement de prendre le relais de la croissance alors que les moyens budgétaires du pays s’amenuisent et certains indicateurs montrant un déséquilibre de la balance des paiements, la baisse des réserves de change, l’inflation sont là pour alerter sur le niveau des difficultés qui se posent au pays ?

Malgré cette situation peu confortable, l’ajustement est possible. Il sera certes douloureux mais il demeure encore réalisable. Cet ajustement passe nécessairement par la mise en œuvre des différentes réformes qui permettraient de favoriser la reprise de l’investissement, de corriger les dysfonctionnements du système des prix (taux de change et subvention), de libérer les initiatives, d’unifier les marchés et donc d’instituer à une économie de marché concurrentiel.

Le rôle des banques, aussi bien publiques que privées, est primordial dans la réussite de cet ajustement. Réconcilier la banque avec ses missions originelles de collecte de l’épargne et de transformation de cette épargne en financement d’investissements productifs serait un des objectifs de la réforme bancaire qu’envisagent les pouvoirs publics et qui devrait être menée le plus tôt possible. 


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