Laissons-les dormir tranquilles !



...

Nous sommes un peuple d'idolâtres, et nous l'avons prouvé tout au long des siècles en conservant précieusement nos fonds ancien d'idolâtrie, même en devenant monothéistes. Seulement, lorsque nous avons besoin de faire du feu, moins pour nous réchauffer que pour satisfaire nos penchants cycliques pour la pyromanie, nous jetons d'abord nos idoles au bûcher. Des exemples de ces actes peu glorieux jalonnent notre histoire et celle des peuples avec lesquels nous avons en partage beaucoup de qualités, certes,  mais aussi nos plus graves défauts. La plus grande tare de l'Algérie et celle de l'Afrique du Nord subséquemment, c'est le régionalisme et sa tare sociale le tribalisme qui a tant fait pour faciliter la conquête coloniale du pays. Sans doute n'étions-nous pas assez mûrs à l'époque pour fabriquer le ciment d'une nation, et que nous sommes encore confrontés à des pénuries saisonnières en la matière et d'autres. Dans ce contexte, la France, avec sa puissance de feu et la ruse de ses dirigeants, a eu beau jeu de tronçonner les résistances populaires et de les réduire avec l'aide de supplétifs locaux. Le mérite de l'Émir Abdelkader est sans doute d'avoir compris très vite que les Français n'étaient pas venus pour venger le coup de l'éventail ou pour le prestige, mais pour rester.
Jusqu'à la conquête française, il n'était sans doute qu'un chef tribal, religieux et temporel, ne voyant pas plus loin que les confins du territoire où il faisait régner l'ordre et la loi ancestraux. Mais avec ses connaissances et son entendement de l'époque, il a compris que la résistance devait être encore plus étendue que les limites que s'assignait l'armée d'occupation, du moins au départ. Il a donc tenté d'organiser toutes les autres tribus en un Etat en guerre contre une agression extérieure avec son organisation, son armée, ses arsenaux et ses armureries, dans son fief natal. Il a tenté tant bien que mal de rallier à son étendard de la résistance les autres régions du pays, et parmi elles la Kabylie qu'il visita en mettant à profit la trêve du traité de la Tafna. Toutes les tribus ne se rallièrent pas à l'Émir, et c'est de là que sont nés sans nul doute tous les malentendus et les incompréhensions qui peuvent expliquer de nos jours des griefs inédits. Jusqu'ici, les contempteurs de l'Émir revenaient souvent sur cette petite phrase à la fin d'un résumé biographique dans les manuels français d'histoire : «L'Émir Abdelkader est devenu un grand ami de la France.» Que certains Algériens soient devenus plus tard des amis de la France aussi, mais encore des clients attitrés de l'immobilier et des banques français ne semblait avoir gêné personne. 
Le principal grief retenu contre l'Émir est qu'il ait été proclamé symbole de l'Etat algérien par le régime mis en place en Algérie juste après l'indépendance, bien que l'histoire l'ait consacré déjà. Et puis, il y a cette grosse rancœur envers l'Émir qui aurait condamné l'insurrection  de 1871, qui a fait l'inverse, en étant un ami de la France, puis en lui déclarant la guerre par la suite. J'ai utilisé le conditionnel parce que les détracteurs de l'Émir citent le plus souvent les historiens français, dont Charles André Julien, auteur lui aussi de l'expression «Grand ami de la France». S'ajoutent à cela, au gré des circonstances et selon les personnes, d'autres histoires vraies ou sornettes sur la «vie de château» de l'Émir, les médailles ornant sa poitrine et ses pensions (1). Dernier en date de ces détracteurs et sur une chaîne de télé privée Al-Hayat qui attend toujours ses premiers galons de professionnalisme et d'objectivité, le fils du colonel Amirouche. Etant si bien né et s'exprimant en conséquence, l'ancien député Nordine Aït-Hamouda a repris à son compte quelques-uns de ces griefs y ajoutant, bien sûr, des détails de son cru. Ce qui est conforme à l'image qu'il s'est forgée à l'Assemblée. Cette sortie a eu lieu juste après des attaques lancées contre la Kabylie par des trublions qui ont la tête plongée dans la mangeoire, comme l'autruche a la sienne dans le sable.
Ne mâchant pas ses mots bien qu'ayant encore toutes ses dents, l'ancien membre fondateur du RCD, en rupture de ban, a eu des termes très durs, repris en partie par notre ami Waciny Laredj (2). Voici, en résumé, ce qu'il écrivait samedi dernier sur sa page Facebook: «Aït-Hamouda a le droit de penser comme il veut, mais il devrait au minimum connaître son sujet ou le laisser aux historiens. L'image qu'il présente comme celle de l'épouse de l'Émir s'inclinant devant Napoléon III n'est pas une photo mais un tableau, et il représente sa maman courbée par l'âge. Et puis, c'est le tableau d'un peintre colonial, M. Aït-Hamouda. Quant aux chrétiens que l'Émir a sauvés en Syrie, il l'a fait par pur humanisme (3). Dire qu'il «a sauvé les chrétiens de Syrie pour les lâcher sur nous en Algérie» est de la plus extrême ignorance. La guerre menée contre l'Algérie était une guerre colonialiste et n'a jamais été une guerre de religion», conclut Waciny Laredj. Une réaction mesurée qui dénonce les attaques contre les symboles de notre histoire et que les opportunistes habituels mettent à profit pour reclasser leurs symboles à eux. C'est le cas des sympathisants de Messali qui fait partie, certes, de notre histoire, mais qu'on s'est empressés de hisser au panthéon de nos grands héros, comme l'Émir et comme ceux du FLN/ALN. 
Ce sont les héros de Novembre qui ont réalisé l'unité de l'Algérie, à laquelle la Kabylie, plus que d'autres par endroits, a apporté sa contribution et sacrifié les meilleurs de ses fils, dont le colonel Amirouche. Tout comme l'Émir Abdelkader, ils sont entrés dans l'Histoire, la nôtre et celle de l'humanité, et ils ont aussi acquis le statut de légendes. Laissons nos martyrs dormir tranquilles et à l'abri du vacarme de nos guerres inutiles, mais trop souvent mortelles.  
A. H.

(1)Concernant ces fameuses médailles, la fondation éponyme a précisé qu'il s'agissait de médailles décernées par des pays européens après le sauvetage par l'émir de 15 000 chrétiens, menacés d'extermination à Damas. L'Émir s'était vu décerner aussi la légion d'honneur en France, mais s'il fallait taxer de traîtres tous les Algériens qui l'ont reçue. Quant à la fameuse pension, elle a été décernée effectivement par Napoléon III à l'Émir, après sa remise en liberté en 1852, et elle était de 100 000 francs (de l'époque). Je n'ai trouvé aucune trace de son caractère héréditaire et des éventuels bénéficiaires. 
(2) Waciny Laredj - Le Livre de l'Émir (Sindbad-Actes Sud 2006).
(3) Il reste une facette de l'Émir Abdelkader qui reste encore à éclairer: son affiliation supposée à une loge maçonnique attestée par un auteur comme Bruno Etienne, mais niée par les bons musulmans. Ce sont précisément ces dénégations répétées qui donnent du crédit à de telles affirmations, ainsi d'ailleurs qu'à d'autres.


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